Le centaure est prospère

Vous avez aimé le départ de Noël Forgeard ? Vous allez adorer l’histoire de John Arnold, fondateur du hedge fund Centaurus Energy. Ce jeue homme de 33 ans , ancien de chez Enron avait quitté ladite galère avec un peu plus de 8 millions de dollars. Après avoir joué non pas avec le feu mais le gaz, il se retrouve en fin d’année 2006 avec un pactole de….2 milliards. Rien que ça. pas mal pour un Hedge fund sise dans un appartement avec cuisine non?

La moyenne des rémunérations des 100 traders les mieux rémunérés? 241 millions de dollars.

Pour mémoire, les hedge funds sont des fonds d’investissement dits « fonds alternatifs » ou « fonds spéculatifs qui prennent en général des positions risquées à fort potentiel…ça passe ou ça casse mais quand ça passe, ça paye…Cash.

C’était un autre épisode de la vie de nos amis riches.

Irak piège à cons? Non, piège abscons, nuance.

Mes lecteurs réguliers ((Environ 45.000/jours, non je déconne 200. Oui je sais ça claque moins mais on a l’impression d’être une élite! )) savent combien j’estime Georges Bush Jr. Il est pour moi l’incarnation du mal de la finesse tactique, de la rigueur morale et de la sagacité intellectuelle. Il ne tiendrait qu’à moi , tous les vendeurs de bretzels américains auraient été exterminés.

C’est donc avec un saisissement sans nom que je constate qu’il est tombé le nez le premier non pas dans le ruisseau ((Il en coûterait probablement très cher à Rousseau)) , mais dans un piège abscons.

Qu’est ce donc? Ahhhh je vous sent impatients d’avoir les détails qui vous permettront de briller en société.

Voilà tout d’abord un extrait tiré d’une lettre adressée au président américain:

Dès qu’un grand nombre de troupes auront été engagées dans des combats directs, elles commenceront à enregistrer de lourdes pertes.Elles ne sont pas équipées pour livrer bataille dans un pays inhospitalier, pour ne pas dire franchement hostile.Après avoir subi de grosses pertes , nous seront entrés dans un processus quasi-irréversible.Notre implication sera si grande que nous ne pourrons plus arrêter avant d’avoir complétement atteint nos objectifs, sauf à accepter une humiliation nationale.De ces deux possibilités, je pense que l’humiliation nationale devrait être plus probable que l’atteinte de nos objectifs, même après que nous ayons subi de lourdes pertes

Vous conviendrez aisément que le haut fonctionnaire ayant déposé ce mémo a fait preuve d’une certaine clairvoyance, pour ne pas dire d’une clairvoyance certaine.

L’enchaînement n’était cependant pas difficle àprévoir. Les études sociales à visée comportementale parlent ainsi d’escalade d’engagement, le tout aboutissant parfois à tomber le groin le premier dans un piège que l’on qualifie d’abscons

Voilà les caractéristiques dudit piège:

1) Le sujet s’engage dans un processus de dépense de ressources (temps, argent, énergie…) pour atteindre un objectif

2) Que le sujet en soit conscient ou non, l’atteinte du but demeure incertaine.

3) Le sujet a l’impression que chaque dépense supplémentaire le rapproche du but

4) Le processus enclenché se poursuit de façon autonome jusqu’à ce que le sujet l’interrompe de façon active.

5) Le sujet n’a pas fixé de limite à la dépense de ressources.

Pas la peine d’avoir un troisième cycle en analyse des politiques et relations internationales pour constater que ce scénario correspond trait pour trait à celui en train de se dérouler sous nos yeux admiratifs en Irak.

Malgré toute la dévotion que je peux ressentir pour le maître du monde ((Pour le moment, attendez le 6 mai pour voir qui est le vrai taulier!! )) , je dois me rendre à l’évidence il est tombé dans le piège, sans coup férir. On pourrait même voir l’Afghanistan comme la première action d’un pied-dans-la-porte, technique habile de manipulation. L’auteur effectue sur la demande d’un autre une petite action pour ensuite en faire une plus coûteuse.

Il est ensuite impossible de se déjuger et l’on rationalise par les actes une première action parfois calamiteuse, c’est à dire que l’engagement pris en premier conditionne les actes que l’on produit ensuite. Adhérence sociale à ses actes ou escalade d’engagement, les USA sont dans le caca. Le caca abscons.

Au fait, le mémo précité n’a pas été remis à Georges W Bush, il a été remis en Juillet 1965 (!!) par le sous secrétaire d’état, Georges Ball à Lyndon Johnson. L’affaire concernait alors le début de la guerre…du Vietnam. Etrange « persévération » dans l’erreur non? Escalade d’engagement qu’on vous dit!!

Pour ceux qu’intéresse la « manipulation », je ne saurai trop vous conseiller de vous procurer le très bon « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens  » de RV Joule et JL Beauvois. Essai dont sont tirées toutes les idées de ce post, du moins pour ce que j’en ai compris.

Le véronis de compétition

Il est des gens horripilants comme ceux qui écoutent leur ipod surper fort (une vraie épidémie en cce moment d’ailleurs) et d’autres horripilants d’intelligence pratique.

C’est le cas de l’incommensurablement utile Jean Véronis qui nous livre une stupéfiante vérité, les médias avaient prévus à moins d’un point les scores des candidats au premier tour. Plus précisement il s’agit du taux de citation des candidats dans les 6 grands journaux que sont Les Échos, Le Figaro, L’Humanité, Libération, Le Monde, Le Parisien et Marianne (le site). Le top 3 (Les Échos, Le Parisien et Le Monde) étant quasiment sur les bons scores:

Résultat des courses, Sarko à 31.3 contre 31.18, Ségo à 24.7 contre 25.87, Bayrou à 18.8 contre 18.57 et JMLP à 9.1 contre 10.44.

On appréciera tout particulièrement l’efficacité pour Sarko et Bayrou. Qui de l’oeuf ou de la poule est arrivé le premier? Les médias ont-ils relayés les candidats à l’aune des sondages?

Le reste de l’article c’est chez le taulier de Technologies du langage .

Qui es tu donc mystérieux 192.168.3.95 ?

Dans le style on ne fait pas plus persévérant. Monsieur 192.168.3.95 / 192.168.3.95 est en effet le plus régulier dans la notation de mes posts. C’est une étoile à chaque fois. J’en conviens mes propos sont parfois un peu provocants mais de là à attrirer irrémédiablement l’ire vengeresse de mon lecteur il y a un monde. M’enfin comme dirait Gaston, qu’est ce qui ne va pas chez vous?

Doit-on éradiquer les pauvres?

Je sais, le propos est fort mais après tout puisque le personnel politique a récemment réhabilité les grandes déclarations pleines de verve type « procès stalinien » pourquoi ne pas me livrer moi aussi à la surenchère? J’aurai bien tord de me priver.

Voilà donc une question pleine de bon sens, faut-il se débarrasser des pauvres?

Première précision sémantique, l’éradication est selon le trésor de la langue française informatisé, l’action d’éliminer complète ment d’une espèce animale nuisible, de supprimer complètement un organe, une tumeur, une lésion ou encore de supprimer totalement une maladie endémique ou le vecteur d’une telle maladie.

Nous voilà bien dans un cas de conscience. Car c’est d’anéantissement total dont il est question dans ce mot.

Moi j’agis. La seule chose qui m’intéresse c’est d’éradiquer la délinquance, de porter à cette délinquance les coups les plus fous, les plus forts, le reste cous savez…

Puisqu’il faut bien s’inspirer des expériences qui marchent du fou feu de dieu, j’ai choisi de prendre pour modèle la lutte sans merci menée par Nicolas Sarkozy contre la délinquance.

Première étape, trouver une cible un facteur d’évolution sociétale. Nico a choisi la délinquance, je préfère la pauvreté, mère de tous les vices.

Deuxième phase de la réforme, identifier les moyens les plus à même d’aboutir à la réalisation de notre objectif, celui de rendre la société meilleure.

Là encore, n’ayant pas les étonnantes facultés d’ubiquité et de toute puissance dont fait montre notre sauveur, je me vois contraint par la basse contingence des moyens financiers de privilégier la méthode présentant le meilleur rapport qualité prix. En marché public on parle d’offre économiquement la plus avantageuse. Nous parlerons donc de « moyen socialement le plus avantageux » dans notre cas d’étude.

Nous avons deux possibilités. Eradiquer la pauvreté ou éradiquer le vecteur de cette maladie, le pauvre. Car oui, en plus d’être sale et ignare ((Sans compter sa fâcheuse tendance à réduire à néant le merveilleux et fragile équilibre de de grammaire française)), le pauvre est contagieux. Il insinue dans le coeur une tension inproductive, une peur sourde de la déchéance sociale, telle la rétroversion du bassin qui fait perdre toute vélocité au sprinteur dans les derniers mètres.

Le pauvre, au travers de la déplorable image qu’il projette sur le valeureux travailleur et des jérémiades qui ne cesse de sortir de son gossier alcoolisé, infecte la société, la rendant malade, fébrile.

A tel point que finalement chacun, comparant sa situation avec celle des autres, en arrive à penser que lui aussi est pauvre. Après tout un grand philosophe rencontré sur un marché ne m’a t-il pas confirmé qu’à 4.000€ par mois on appartient bien à cette caste d’intouchables que la presse appelle les pauvres?

Reprenons notre parallèle avec la délinquance. Là encore l’insondable bêtise parlementaire refusant d’allouer les crédits nécessaires a rendu la tâche de Nicolas très difficile. Faute de merles il a donc fallu manger des grives. Cessons là de chasser la délinquance, faisons la chasse à la racaille aux délinquants. Car il est plus facile et plus expéditif d’enfermer ((Loin des yeux loin du coeur)) les gens qui commettent des actes de délinquance que d’éliminer les causes de ces actes.

Fourrer dans le crâne Inculquer aux masses laborieuses les fondements de la morale sociale, des bonnes pratiques civiques et de l’éducation (respect, solidarité..) est coûteux et surtout long. Or le temps politique n’est pas le temps social. Tout doit aller plus vite.

Faisons donc fi des réticences ((Il y en aura de la part des socialos traitres archaïques)), il nous faut agir vite et fort. Pour cela je vais donc proposer de porter à la pauvreté les coups les plus fous et les plus forts.

Eradiquer la pauvreté serait bien trop long pour me permettre d’être élu un jour, du moins avant mes 60 ans, ce qui ne me m’agrée pas.

Je propose donc de suivre l’exemplaire Nicolas sarkozy et de privilégier la lutte contre le symptome plutôt que de lutter contre la maladie. Après tout si nous arrivons à éradiquer tous les pauvres, il ne restera plus de pauvreté. CQFD.

Je vous remercie de votre attention. Votez pour moi.