Saloperies d'excuses

Il est des situations dans lesquelles les meilleures excuses sont les plus courtes. Lorsque l’on traite une femme politique de salope par exemple (au hasard), la façon dont vous allez présenter vos excuses va être déterminante.

A ce petit jeu là il est une formule qu’il faut éviter à tout prix, un piège grossier auquel les plus fins vont coller un cadrage débordement d’école. Ce n’est malheureusement pas le cas de Patrick Devedjian.

Il faut bien le reconaître, de prime abord l’homme n’est pas des plus agréables. Le petit rictus qu’il arbore sans cesse, agrémenté d’une paire d’yeux enfoncés loin derrière ses paupières, lui donne un petit air de fouine. Rien de personnel là dedans, simple constatation morphomogique, j’adore les fouines, mais je n’aime pas Patrick Devedjian.

Vient ensuite sa déclaration. Sur le net déjà deux types de réactions se choquent. D’une part ceux qui jugent que cette conversation « personnelle » n’en démontre pas moins la misogynie de PD et d’autre part ceux qui pensent et écrivent que l’on dit ce que l’on veut en privé.

Et bien tenez vous bien je suis d’accord avec les deux. Cependant le terme même de Salope est un peu dérangeant. Que l’on puisse considérer quelqu’un comme con est une chose, certains organisent même des dîners et l’on est toujours le con d’un autre, c’est un principe immuable de la vie en société.

Ce qui est plus dérangeant donc c’est de remettre ça sur la terrain de la sexualité. d’autant qu’il n’existe aucun terme qui porte pour les hommes la même symbolique. Chaud lapin? Don Juan? Gigolo? Tous ces termes portent en eux et dans l’imaginaire masculin un aspect positif ou, au pire, neutre.

AM Comparini n’est pas conne, elle n’est pas incompétente, c’est une salope.

Enfin , pour en revenir à mon propos, la défense qui consiste à dire « cela n’avait pas vocation à être diffusé », est la plus bête qui soit. Tout d’abord cela n’enlève rien à ce qui a été dit, ne dédouane son auteur de rien. Par contre cela insulte l’intelligence des gens qui sont destinataires de cette excuse (le public comme la « victime »), et enfin cela révèle une pauvre capacité de maîtrise de son image de la part d’un homme politique de premier plan ((Si vous voulez le faire passer au second plan, je veux bien)) .

PD n’est pas incompétent, il n’est pas giogolo, il est juste con. Mon con du jour.

L'opinion publique n'existe que là où il n'y a pas d'idées

En me baladant sur le sites de citation afin d’étayer ma culture et de l’étaler sans vergogne telle la confiture sur une brioche industrielle je suis tombé ((Heureusement sans me faire mal)) sur cette citation d’Oscar Wilde.

Juste en passant, je me demande si le sieur Wilde ne serait pas le plus grand pourvoyeur de citations du monde..bref.

L’opinion publique n’existe que là où il n’y a pas d’idées.

Pourtant Bourdieu disait bien que l’opinion publique n’existe pas non? Elle existerait donc en l’absence d’idées. Un petit rapprochement scientifique me vient à l’esprit. En effet pour valider un certain nombre de théories l’on fait souvent appel au concept de matière noire, invisible mais représentant néanmoins près de 25% de la masse totale de l’univers, rien de moins.

Elle remplit donc un vide laissé par la matière détectable, la nature ayant encore une fois horreur du vide. Ou plutôt le vide étant en fait impalpable et non inexistant.

L’opinion publique révèle des caractéristiques similaires, presque gémélaires. Elle comble ainsi un vide médiatique, faute pour le système de ne pouvoir rendre compte des idées individuelles, de ne pouvoir saisir la multiplicité des opinions et encore moins les médiatiser vers les autres « récepteur ». Le prisme des médias (au sens de ce qui permet la transmission entre deux entités) ne fait donc qu’agréger la multitude dans un canal unique.

Perversité du système, ou insuffisance intellectuelle, ce flux RSS des opinions agrégées finit par passer pour la réalité alors qu’il n’en est qu’une honteuse caricature. Et de simplification née d’une lacune elle devient la norme, la référence quasi sacrée pour nos dirigeants, nos experts et nos commentateurs tous plus zélés les uns que les autres.

Il est étonnant de noter que certaines institutions relayent cette peur du vide et cette tare systémique en ne permettant pas notamment la publication d’avis contraires dans certaines instances collégiales chargées de rendre qui des jugements, qui des avis.

Les idées sont nécessairement personnelles, elle sont donc par essence inutilisables pour fonder une décision. C’est pourtant cette aporie du système qu’il faut tenter de résoudre, oublier le flux unique pour écouter la multitude, baser ses décisions sur les fils plutôt que sur l’ouvrage déjà réalisé, son créateur ayant travaillé les fils à l’aune de sa propre méthode, de son prisme de valeur, de ses ambitions, de ses attachements et allégences.

Suivre l’opinion publique et lui prêter l’oreille c’est se priver des notes pour n’écouter que l’oeuvre terminée. Aussi belle soit-elle, elle n’en reste pas moins une création. Et par là même une tueuse de toute originalité personnelle.

La droite, les riches et les bisounours

Cela n’aura échappé à personne, le programme actuellement appliqué par notre équipe gouvernementale de choc est résolument classique.

S’il est une foi fortement chevillée au corps de nos dirigeants frappé du sot sceau de la droite c’est celle de l’humanité et de la douce philantropie des riches.

On pourra à titre liminaire remettre sur le tapis la question de savoir qui est riche. Une question à laquelle la réponse « dès que l’on gagne 4.000 euros par mois » s’est trouvée fort mal comprise ces derniers temps.
Pourtant elle mériterait un examen moins passionné et plus pragmatique.

Riche, du latin rikkus signifiant puissant, globalement compris comme l’ensemble des personnes possédant des biens, de la fortune, ayant un niveau social élevé.

Seconde remarque introductive, la richesse peut être subjective (par rapport à quelqu’un) ou objectivisée (en référence à une cartographie des revenus).

Or, objectivement une personne dont le revenu est de 48.000 euros par an se trouve placé dans le dernier décile en terme de répartition des salaires net (tant dans le public que dans le privé ou semi-public) Objectivement donc ces gens là ont un niveau de vie qui leur permet d’être dans leur existence quotidienne moins contingenté que les 9 déciles inférieurs. Leur « puissance » est donc supérieure, ils sont donc « riches » au sens de « puissant ».

Nous sommes d’accord cette puissance est toute relative et ceux qui jouxtent la barrière du 9ème décile ne sont pas dans la même situation que Bernard Arnaud ou même Nicolas Sarkozy ((Avais-je mentionné l’indécence de porter au poignet 2 ans de SMIC pour un homme censé incarner la modestie républicaine?)).

C’est cependant vers ces gens là que se tourne classiquement la droite. Ceux dont la propension à consommer est la plus faible, la propension à épargner la plus forte. Vous me direz c’est normal il sont dans la tranche de revenus qui permet non seulement la satisfaction des besoins de base mais laisse un reliquat à utiliser.

Le présuposé de la droite classique est donc que plus ces classes sociales seront allégés en impôts, plus elle investiront. EN tout cas que les investisseurs potentiels présents dans ces classes sociales seront tentés de franchir le pas d’un investissement direct ou indirect dans une activité créatrice de valeur.

C’est beau comme un beau rêve.

Le modèle? Les EU évidemment où les business angels sont légions, permettent non seulement l’éclosion mais aussi la pérénité des entreprises, l’American Dream en technicolor.

En France, contrairement à la croyance populaire, créer une entreprise n’est pas difficile, c’est même ultra simple, 8 jours en moyenne, number 2 in the world. Par contre lui assurer un financement et un fonctionnement relève du parcours du combattant.

Que les règles administratives et le poids des charges soient importantes (le système multiplie cependant les éxonérations d’impôts…) la question du financement n’est que rarement posé.

Pourquoi aujourd’hui les banques n’assument-elles plus ce rôle de moteur de la création?
L’histoire du créateur de lafraise.com est sur ce point édifiante, tant la réticence pour mettre en place un outil de paiement en ligne fût compliqué..

Vouloir que les « riches » financent la croissance en investissant sans créer les réceptacles pertinents de cette épargne et sans impliquer les institutions financières dans une véritable démarche de capital risque (exemple? 7 milliards de résultat net pour la BNP en 2006, y’a pas moyen de risquer un peu plus?) c’est manquer d’envergure, de vision transversale..Pour le moins.

L’assurance vie elle se porte bien.

La vocation de la droite actuelle? Caresser un bisounours, c’est doux et gentil mais ça n’en glande pas une pour créer de la valeur ajoutée.

Petits arrangements avec les mathématiques

Si je vous demande quelle appréciation vous portez sur l’évolution de la délinquance vous pourrez me répondre plusieurs choses.

Tout d’abord que

En mai 2007, la délinquance est en diminution pour la 5ème année consécutive. Par rapport à mai 2002, la baisse est de – 11,1 % pour la délinquance générale, – 27,9 % pour la délinquance de voie publique et – 19,0 % pour la criminalité organisée

Ce ne sera pas faux.

Vous pourrez aussisouligner qu’en dépit de cette baisse, la situation est plus complexe

D’août 2005 à mai 2006, la hausse des faits constatés d’ atteintes volontaires à l’intégrité physique sur 12 mois était passée de 2,8 % à + 8,4 %. Inversement, depuis un an, son rythme se ralentit assez régulièrement pour revenir en mai 2007 aux environs de + 3 % sur 12 mois.

Ce qui vaut d’ailleurs le fabuleux euphémisme suivant

Pour les atteintes volontaires à l’intégrité physique, la hausse sur 12 mois se situe à son
niveau le plus bas depuis août 2005. Si depuis 10 ans, la tendance haussière s’est toujours
maintenue, son intensité a connu et connaît encore de fortes variations sur des périodes
courtes.

Autrement dit: ça continue de monter, mais moins vite ((Effet de seuil peut être, y’a plus assez de monde dans la rue à dépouiller))

Les plus optimistes et les mieux renseignés pourraient même clamer haut et fort que le taux d’élucidation des crimes et délits est en progression de 9 points par rapport à mai 2002, pour s’établir en 2006 à un 32.35% de toute beauté.

Roh mais je n’en serais peut être pas satisfait. Non il me faut plus. Ne pouvant définitivemet compter sur vous pour m’apporter des infos crédibles et croustillantes, j’ai pris sur moi d’aller les chercher moi même.

En guise de pépite un document publié sur le site du ministère de l’intérieur, nommé recueil statistique 4001. Il est publié chaque mois et présente les crimes et délits portés à la connaissance de la police nationale et de la gendarmerie.

Ce qui appelle tout de même deux réserves préliminaires de l’indécrottable chonchon que je suis.

Il n’est pas fait mention des mains courantes, ces ersatzs de plaintes que la police se contente de prendre parfois pour éviter de gonfler les stats de la délinquance ou qui tout simplement ne présentent pas assez de consistance pour le dépôt d’une plainte.

Ces plaintes sont sans commune mesure avec les faits déclarés lors des enquêtes de victimisation. Pour l’année 2006, l’enquête laisse apparaître un total de 9.3 millions d’atteintes, à comparer aux 3.6 millions d’actes ayant donné lieu à dépôt de plainte. ((En général sur 100 victimes, 24 déposent plainte et 6 une main courante))

Mais ce n’est pas là que réside la vraie trouvaille. La découverte se trouve dans la qualité du travail policier. Vous comme moi n’avions pas conscience que les forces de l’ordre étaient si performantes.

« 32% ? Performant ? » ne manquerez vous pas de rétorquer, vils apostats que vous êtes.

Je vous répondrai avec la hauteur et le dédain qui convient pour répondre à ces basses insinuations que si la « police ne résoud » que 10% des cas de cambriolages, 3.8% des vols à la tire, 15% des dégradations de véhicules ou 6% des « Autres vols simples contre des particuliers dans des locaux ou lieux publics », elle est parfois BIEN plus performante.

Elle se hisse même parfois au niveau des héros de Heroes, pliant les lois mathématiques pour résoudre 103% des cas d’usage de stupéfiants ((stupéfiant non?)) , 105% des cas de faux documents d’identité ou même 174% des cas de « contrefaçons et fraudes industrielles et commerciales ».

A ce niveau là de performance ça mérite au moins une prime non? A défaut de médaille field…

Quotes en stock n°5

Des fois je me demande si je ne devrais pas rajouter « médium » sur mon CV.

La presse de ce matin ((Canard enchainé relayé par un tas de journaux)) révèle en effet une petite info concernant la gestion en bon père de famille du patrimoine de l’Etat, et elle est des plus croustillantes. Pour mémoire je vous rappelle qu’il y à moins de 24 H je publiais un article traitant de la façon relativement stupide de l’Etat de gérer son bas de laine. Et en guise de pense bête je vous renvoie vers le rapport de la cour des comptes sur la certification des comptes de l’Etat qui souligne

L’incertitude sur la valeur d’un patrimoine aussi important et aussi spécifique est aggravée par différentes faiblesses du processus d’inventaire et de valorisation. Pour ces raisons, la Cour n’a pas pu valider la valorisation de l’ensemble du parc immobilier de l’État

Donc ce matin nous apprenons que l’Etat français vient de racheter au fond d’investissement US Carlyle, les anciens bâtiments de l’imprimerie nationale situés dans le 15ème arrondissement de Paris. Vendus au même fond en 2003 pour 85 millions d’euros, nous ((Je dis nous car grâce au principe de non affectation des recettes ce sont vos impôts)) venons de les racheter pour 376.5 millions d’euros.

Rien à ajouter.

Totalement autre chose ((Transition à la JP Pernaut)) Valérie Pécresse dont je vantais déjà les mérites il y a peu vient de se fendre d’une déclaration sur i-télé qui vaut son pesant de cacouètes

Je crois que mes interlocuteurs, et sans vouloir être prétentieuse, me considère tous comme une très bonne partenaire de négociation

Bien souvent de tels compliments sortent plus ou moins spontannement de la bouche de collaborateurs, rarement de celle de l’intéressée. Bel exercice d’onanisme médiatique.

Les journalistes du Monde viennent de refuser la reconduction du mandat de président du conseil de surveillance du quotidien d’Alain Minc. Excuse avancée, la proximité du monsieur avec la présidence de la République. Cela devait effectivement finir par se voir.