Transparent mais pas responsable

La crise des subprimes est-elle comme l’estime certains, Malakine entre autres, une crise systémique (mais de quel système parle t-on vraiement?) ou n’est-elle comme le pense notre cher président qu’un avatar du système né d’un manque de transparence?

Si la solution choisie après une réflexion argumentée est la seconde, alors doit-on prendre toutes les décisions qui vont dans le sens d’une responsabilité toujours plus grande de ceux qui ne jouent pas le jeu.

Se faire taper sur les doigts est une chose, répondre devant une juridiction de ses faits et actions en est une autre. La logique voudrait donc que celui qui se prononce pour un système plus transparent au niveau de la finance et de l’industrie mondiale, donne des signes crédibles de sa volonté de faire changer les choses.

Mais voilà, adepte depuis fort longtemps de la contorsion intellectuelle, Nicolas Sarkozy vient encore une fois de faire montre d’une souplesse fort dérangeante. Bien sûr on pourra fort logiquement objecter que réaffirmer la responsabilité pénale de ceux qui abusent de leur position dans l’appareil productif national et mondial devant un parterre de chef d’entreprise n’est rien d’autre qu’une tentative inconsciente de suicide, l’on ne peut que rester duditatif.

Je m’en voudrais de passer pour un tape-sur-nico frénétique mais quand va t-on enfin dans sa cours lui indiquer que l’on ne peut intellectuellement pas faire un constat pour ensuite proposer, selon l’auditoire que l’on a en face de soi, des mesures totalement opposées?

Dépanaliser le droit des affaires c’est ouvrir en grand la porte à des abus encore plus importants. Si l’incitation et le contrôle sont des moyens de tempérer les ardeurs de certains prédateurs, que reste t-il lorsque l’on ouvre les barrières?

Les loups redeviennent des agneaux. En tout cas c’est la version sarkozyste de l’histoire.

On peut aimer se leurrer, mais perso je commence à me lasser d’un président qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit pour ensuite faire des choses qui ne correspondent pas à ce qu’il vient juste de dire et dire des choses contradictoires avec ses actes…

Les adducteurs ont une souplesse limite, un jour ils craquent…

La réussite insouciante

J’emprunte volontairement à Antoine Jacques le titre qu’il donna en Octobre dernier à un article rédigé dans la revue Esprit ((Que vous pouvez consulter sur le site de la revue )) , article consacré à HEC.

Pourtant Nicolas Sarkozy n’a pas fait HEC. Pourtant le propos même de l’auteur semble coller à notre président comme un fourreau Prada sur le corps de sa présidente de femme. Sur le campus HEC ((bien peu sécurisé ces derniers temps)) les futurs élites de la nation économico-politique apprennent beaucoup de choses très intéressantes, mais ils assimilent surtout une attitude dont il ne se départiront plus.

L’auteur la surnomme « La réussite insouciante ». Qu’est ce donc que cette réussite qui n’appelle que peu d’efforts et qui rapporte si gros?

Tout d’abord c’est un cadre de vie. Coupés de toutes réalités pauvrogène, socialogène, nos überkids évoluent dans un cocon où ils composent leur enseignement assez librement, comme on picore les miettes sur une table.

Notre président n’agit pas autrement, choissisant ces thèmes d’action au gré des évènements, au gré de ses lubies, quand bien même une floppée d’experts lui confiraient toutes les réserves qu’ils nourrissent sur les mesures préconisées ((Crédits d’impôts sur les intérêts d’emprunt, mais aussi TVA sociale etc)) .

Pourtant comme les HECiens Nicolas ne reste pas inactif. Au contraire. Son énergie trouve à se canaliser dans les actions qu’il impulse comme les étudiants dans les associations auxquelles il convient naturellement de participer. Néanmoins à l’instar des futurs killers, le guide suprême ne prend guère le temps de se retourner pour apercevoir les résultats de ses actions. Trop occupé à aller de l’avant, persuadé que si l’on avance pas on tombe.

Sans véritable implication de longue durée (comment le pourrait-il lui qui tente de régler tous les problèmes de la France d’ici décembre?), dans une dynamique du toujours plus qu’il maniait déjà avec une belle maitrîse ((Plus d’une loi par an sur la question de la délinquance, c’est au mieux de l’hyperactivité, au pire le signe d’un manque de clairvoyance et de prévision)) , c’est la course en avant qui est devenu une méthode. La précipitation faite action, il faut bien avouer que c’est relativement inédit.

Chirac avait discrédité l’action politique en ne faisant rien, Mitterrand en la confinant à quelques mouvements d’échec bien sentis dans la plus belle veine machiavélique. Sarkozy lui fait, et fait savoir.

A tel point que l’on ne peut qu’émettre une question: Nicolas Sarkozy est-il John Doe, omniscient ou est-il un communicant?

Le principe n’est pas réellement de savoir mais de mettre les formes pour le faire croire. Notre président attrape l’actu au vol, assène quelques passements de jambes par dessus, et s’en débarrasse, charge aux ministres de mettre en oeuvre des décisions irréalisates ou inconsistantes.

L’inconsistance faite homme, il faut bien dire que pour un président, on n’avait vu ça qu’aux Etats-unis.

Une vision du monde tronquée par une fréquentation outrancièrement affichée des décideurs économiques, une méthode faite de faux-semblants et une attitude de nouveau riche, la formule gagnante…

Enfin pas gagnante-gagnante mais bon, vous l’avez voulu…

Et si les pauvres n’étaient pas si fainéants?

C’est une ritournelle que les caciques de l’économie libérale classique ne cesse de fredonner, à tel point qu’elle est devenue un archétype au sens Jungien du mot, à savoir une structure de représentation collective qui induit des comportements, tels que cracher sur les pauvres et leur prétendu goût de la paresse.

Pourtant deux réflexions nous amène à douter de la robustesse de cette conception.

Pour faire clair et précis, imaginons que l’ensemble des chômeurs conceptualisent suffisament leur indigente position au regard de la société. Ils apprécient alors tout à fait rationnellement ce qu’ils retirent de celle-ci et les possibilités offertes par le choix de quitter l’assistance pour voler de leurs propres ailes sur le chemin lumineux du salariat, voir même de la voie mystique de l’entreprenariat individuel.

D’un côté donc les subsides sociaux, RMI/RMA, diverses allocations, la gratuité des soins grâce à la CMU ((s’ils trouvent un médecin à peu près éthique)) , et la gratuité des transports en IDF grâce à JP Huchon.

De l’autre le salariat qui transcende cette vie de limasse par une implication forte dans la cration de valeur nécessaire au réveil de la nation. Mais aussi les factures, la fin du gratuit et un emploi du temps beaucoup plus contraint.

Au milieu des deux, le salaire de réservation dont on nous dit qu’il est le salaire pour lequel le chômeur accepte enfin de lever son séant pour aller taffer au lieu de rester regarder les feux de l’amour en pyjama. En dessous donc, la bulle, au dessus un job.

Vous qui comme moi ne pipez pas grand chose à l’économie ((mais moi je me soigne)) , vous pourrez ricaner devant le côté manichéen de la construction. 600 euros c’est dodo, 650 c’est boulot. Risible.

Mais bon, passons directement aux réponses argumentées car la simple révulsion ne tient pas lieu d’argumentaire, ça se saurait.

Tout d’abord un constat purement mathématique: 900.000 travailleurs vivent avec moins de 645 euros par mois. Ces gens sont donc des démeurés de première puisqu’au lieu d’aller bosser ils pourraient se la couler douce, les doigts de pieds en éventail, le dernier « nouveau détective » sous le bras et un petit pastis en guise d’orangeade.

Secondo, une étude menée par Markus Pannenber, publié sur le site de l’IZ

A, montre que l’aversion des chômeurs au risque concernant la question du travail, les pousse à fixer un salaire de réservation plus bas que ceux qui se déclarent prêts à risquer beaucoup dans ce domaine.

Il nous apprend surtout que ce salaire de réservation est intimement lié au salaire précédemment obtenu et n’a que peu de corrélation avec les « unemployement benefits ».

En guise de conclusion pour l’étude, cette phrase qui ne manquera pas de faire se retourner tous les penseurs uniques de la terre

Taken at face value, our results imply that the effectiveness of active labor market policies argeting the reservation wages of unemployed job seekers might be limited if the target group is amply risk-averse.

Et comme il s’avère que 70% du groupe test l’est, vous aurez compris l’utilité d’une baisse des « avantages sociaux » concédés dans la plus pure tradition chère à Monsieur Beveridge.

Mais ne réveillons pas l’expert qui dort, ça le met de mauvais poil. Dormons, c’est intellectuellement beaucoup plus reposant.

Le scénario de film pour les nuls

Vous savez que mon érudition ne connait aucune limite, de même que ma modestie et mon sens du collectif. C’est cette dernière qualité qui vous intéresse au premier chef puisque je m’en vais gracieusement vous offrir de quoi devenir riche.

Car un scénario à succés c’est de l’or en barre, du pétrole en baril, du safran par sac de 50kg.

Nous retiendrons les hypothèses suivantes:

  1. Vous voulez un blockbuster
  2. Vous voulez une mégastar comme appealing product
  3. Vous voulez au moins 200 millions de $ de recettes US (c’est presque comme un blockbuster mais c’est le versant économique)
  4. Vous ne reculez devant aucune audace scénaristique

Ces préliminaires posés, voilà la recette.

Tout d’abord le Héros.

Il est nécessairement beau comme un dieu grec, doté d’un humour subtil mais sait aussi placer quelques galéjades graveleuses de façon opportune pour faire succomber toute resprésentante du sexe féminin qui passerait à moins de 10m. A moins que vous ne souhaitiez lui donner les traits de Nicolas Sarkozy (je ne garantis pas le succès hors du territoire), il sera athlétique, la démarche souple et le poil soyeux. Aussi à l’aise avec un walterPPK qu’avec des cartes, il sirote un cocktail subtil et original ((type vermicelle/bourbon, au shaker et pas à la cuillère, à moins que ce ne soit le contraire)) en jetant des regards de braise.

La voiture du héros, objet transitionnel incontournable.

Véritable prolongement du pénis du héros, la voiture est puissante, véloce, sportive et racée. Le héros la conduit au mépris des règles les plus élémentaires de sécurité et avec le dédain le plus franc pour les règlementations anti-vitesse brimant la fougue du pilote qui sommeille au plus profond de notre héros. Bien qu’elle coûte le prix d’un appartement au coeur de Londres, elle est discrète. Evitez comme la peste les BMW ou Mercedes, elles font terriblement nouveau riche. A moins bien sûr que vous n’ayez choisi Nicolas Sarkozy comme héros, dans ce cas là vous pouvez rajouter des jantes alu et une sono de 3.000 watts.

La femme, la gentille

Elle est belle mais revêche et met une ardeur peu commune à résister le temps d’une scène au héros alors que celui-ci sue des phéromones à pleins bouillons. Son corps est bien fait mais sa tête ne l’est pas moins. Evitez les habits Prada, Versace et consorts avec le même soin que vous mettrez à éviter le fisc une fois que vous serrez devenus riches. Encore une fois, c’est nouveau riche, et encore une fois l’exception est possible si vous avez choisi NS comme héros.

La femme, la méchante.

Elle irradie de beauté et transpire le sexe aussi sûrement qu’elle met la plus rigoriste application à tenter de tuer notre héros. Elle finit en bouillie, découpée par les palles d’un rotor ou écrabouillée par un tank russe de seconde main dont les freins lâchent malheureusement au moment où elle allait tuer le héros.

Le méchant ou vilain.

Très communément il est très très moche, défiguré par un jet d’acide ou par le héros des années auparavant. Avec un peu de chance lui et le héros furent amis mais la capacité du héros à se taper toutes les meufs le fait fondre les synapses, le trop plein de testostérone probablement. Extrêmement intelligent, du genre psychopathe tendance meutre de masse, il est pourtant dépourvu du plus essentiel bon sens lorsqu’il tient le héros en joue. Il commence alors à raconter sa vie, son enfance dans un corron, les brimades de ses petits camarades (qu’il conserve dans du formol pour se remémorer sans cesse cette époque maudite, histoire de maintenir son amour de l’humanité intact). Il est soviétique, kurde ou musulman, terroriste mais assez malin pour ne pas le mettre sur son passeport. Il porte des costumes zenga ou Dior s’il est ne représentation, un costume militaire JP Gaultier s’il faut vraiement.

L’histoire.

N’hésitez jamais à faire dans le spectaculaire. les critiques des cahiers du cinéma vous en tiendront peut être rigueur mais cela passera largement au dessus de votre tête lorsque vous serez allongé sur les bords d’une piscine tropézienne, massé par une horde de bimbos siliconnées shootées au Dom Pérignon. De l’action donc, du lourd, de l’explosion (toutes les 12 minutes), des jeux de mots (toutes les 4 min 30), de l’amour (en trois prises pour chacune des héros girls), des poursuites en voitures (au moins deux mais attention interdiction absolue de niquer une caisse de collection, je vous l’interdis) voir en sous marin si vous ne craignez pas que Télérama rejoigne les cahiers du cinéma dans la curée.

Je vous donne une trame, comme je suis gentil: Le héros est triste, son ami est mort en le sauvant (scène d’ouverture). C’est alors que son pays à désespéremment besoin de lui, un fou furieux tentant de détruire la civilisation occidentale (version le méchant est un musulman) avec un couteau rouillé et une arme de destruction massive idéalement placée en orbite par les russes avant que la déliquescence du communisme ne décuple les appétits consuméristes de malades en djellaba. Après avoir niqué la méchante, la gentille puis à nouveau la méchante avant de la tuer, empalée sur le couteau rouillé du méchant et victime d’une septicémie foudroyante qui la fait baver partout, le héros se retrouve face à face avec le méchant, le dos à une falaise ou au mont Rushmore si vous voulez glisser quelques références cinématographiques à même de ramener vers vous les critiques de Première.

Au moment de pousser le gentil, le méchant trébuche connement sur une canette de coca light (pour vous assurer d’être diffusé aux EU, avec du vrai coca, trop riche en sucre, c’est plus coton) et va s’étaler 156 m plus bas après avoir sorti une dernière blague et poussé un cri à vous arracher les entrailles par les oreilles. Le héros remet alors sa mèche, et s’en va niquer la gentille après avoir pris la peine de balancer une dernière pique à destination du méchant que la caméra nous montre aplati comme un nan au fromage.

Attention il exsite aussi une variante sexy qui vous permet de montrer pour de vrai les ébats amoureux du héros, monstrueusement membré et inépuisable. C’est du cinéma d’auteur blockbuster, mélange plutôt espiègle des Transformers et de Romance de Catherine Breillat. Aux critiques de Picsou magazine qui conseilleront d’éviter votre film, balancez mesquin « vous ne comprenez rien à l’art », vous deviendrez un cinéaste culte.

Voilà. Bien sûr comme toute peine mérite salaire, je prendrai 10% ou le numéro de téléphone de Jessica Alba.

A bientôt pour d’autres conseils plein de bon sens pour devenir multi-millionnaire.