Ahmadinejad propose ses services

Très en verve à la tribune de l’ONU, le président Iranien est devenu une superstar, prônant un retour à la chasteté et à la décence. Un discours qui doit plaire à son homologue US, le très born again christian GW Bush. L’occasion pour notre mini-psychopathe d’offrir ses services.

Et comme je suis super en veine et plein de générosité, l’original de cette caricature est offert au premier commentateur qui me dit pourquoi ce dessin est plein de finesse. Une dédicace en plus !!

Pensez à laisser votre adresse mail pour que je puisse quérir votre adresse physique.

Ahmadinedjad est super gentil

Oh oui, montre moi ta grande méritocratie!!

C’est un terme qui revient régulièrement dans le discours de ceux qui veulent promouvoir une société plus juste, du moins plus équitable. Equitable un mot dont l’on se gargarise aussi beaucoup ces derniers temps, ce qui ne manque pas de me rappeller l’année passée à Sc-Po Bordeaux (en 95, viré ensuite) où il ornait toutes les unes de journaux. L’équité c’est à chacun selon ses besoins et chacun selon ses mérites.

La notion même de mérite est dans l’imaginaire commun éminemment positive. Elle renvoit assez instinctivement à l’aboutissement d’efforts pour atteindre un but, la poursuite décidée et volontaire de sa légende personnelle. Le mérite c’est tout faire pour atteindre un résultat et avoir la conscience du travail accompli. Une personne méritante sera toujours mieux considérée qu’un parvenu, c’est cousu du fil blanc de l’évidence.

Et pourtant.

Flashback de quelques années, en fac de droit. J’avais un pote, Charles-henri, beau gosse bourgeois qui affichait ce look savamment négligé des fils de bonnes familles bordelaise se donnant des airs de rebelle.
Selon lui, il était normal que les patrons (au sens générique du terme, le pauvre avait quelques soucis à sortir de la généralité) gagnent beaucoup car ils le méritent en raison des risques qu’ils prennent et des longues études qu’ils ont faites.

Ce à quoi je ne pouvais manquer de rétorquer que l’on ne choisit pas forcément les études que l’on mène. Qui plus est, même si le choix en est relativement libre, il est bien souvent conditionné par les capacités des parents à assumer financièrement et intellectuellement les désirs de leurs enfants.

Autrement dit, la reproduction sociale chère à Bourdieu, biaise fortement l’accès aux diplômes, c’est un fait qui ressort des nombreuses études menées sur le sujet. Un fils de cadre a 8% de chance de sortir du système sans diplôme quand cette probabilité est de presque 30% chez un enfant d’ouvrier. Pas la peine d’avoir fait polyclinique pour comprendre que le milieu social conditionne très tôt le futur professionnel.

La méritocratie dont on nous rabat les oreilles est donc initialement viciée dans la mesure où elle s’appuie sur un système scolaire qui reproduit ou à minima peine à neutraliser des inégalités de capital social. Promouvoir la méritocratie est une ambition louable, dans la mesure ou justement elle tente de surpasser les cadres sociaux pour ne prendre en compte que les qualités personnelles intrinsèques.

Or vous l’avez compris, les inégalités d’éducation hors scolaire se fixent notamment dans le « core being » des élèves. Promouvoir la méritocratie c’est dire à chacun qu’il se battra sur le même ring avec ses armes propores, et qu’il sera jugé sur ces seuls critères. L’on s’engage à ne pas tenir compte de la maman en manteau de fourrure sur le bord du ring (c’est mal la fourrure, vive les femmes nues de Peta).

Par contre on oublie bien souvent de dire que chacun est libre d’apporter ses propres armes, acquises hors ring.

Faut-il pour autant refuser toute méritocratie? Tel n’est pas le propos. Car à cette alternative, nous pouvons y substituer une autre, celle qui voudrait se donner les moyens de donner à chacun les mêmes armes hors du ring.

Pour cela il faudrait faire plusieurs petites choses. On peut citer pêle mêle:

1) Faire respecter la loi SRU sur les 20% de logements sociaux et de coupler cette obligation avec un découpage en camembert de la carte scolaire. Non seulement les villes devraient avoir 20% de LS mais en avoir 20% dans chaque tranche. C’est à cette condition seulement que la véritable mixité sociale qui tire vers le haut les plus faibles aura une réelle consistance.
2) Rétablir l’impôt sur les successions qui sont les principales facteurs d’accumultaion des inégalités
3) Modifier notre vue scolaire qui distingue, note et oriente, pour promouvoir une réelle volonté de donner à tous une formation « capitalisante ».
4) Ouvrir les numerus clausus des grandes écoles et de certaines études type médecine

etc…

La méritocratie n’a de sens que si elle se fonde sur une égalité de départ réelle. Promouvoir le mérite dans une société qui fait tout pour figer et reproduire les inégalités c’est se foutre ouvertement de la gueule du monde.

Et on ne peut pas dire que la politique actuelle fasse tout pour rompre cette logique. C’est bien dommage.

Le compte est bon!!

Vous savez combien la rigueur juridique m’importe. A l’instar de Jules ou d’Eolas je tente chaque jour de faire de la rigueur juridique mon pain quotidien, de la rendre aussi douce à vos yeux que le lait d’amande pour les gentils petits enfants.

Non en fait je leur laisse ça, ils sont bien meilleurs.

Mais je ne renonce pas pour autant à utiliser les plus grands experts mondiaux pour vous convaincre du bien fondé de mes théories, pour leur ôter ce petit côté foufou qui vous plait pourtant beaucoup. C’est pourquoi aujourd’hui, au surlendemain de la présentation du budget 2008, j’ai demandé à une sommité en matière de nombres d’évaluer la faisabilité et la pertinence du premier budget de l’aire Sarkozy.

Après avoir prit contact avec Alain Lambert qui m’a dit avoir des vrais choses à faire et avec C.A de Courson qui avait piscine, je me suis rabattu sur le dernier grand spécialiste, Bertrand Renard, le sémillant chiffrologue des Chiffres et des lettres. Alors? Etonnés hein?

On ne pourra plus dire que Frednetick n’a pas la rigueur d’un dinersroom, que diable !!!

Un avis?

C'est l'histoire d'une fraise

C’est l’histoire d’une Fraise. Une Fraise.com pour être exact. Son créateur s’appelle Patrice Cassard et vit dans le chaudron stéphanois. Au début de tout une idée basée sur une longue réflexion.

Il veut monter un business, se renseigne, couche sur une feuille les pré-requis pour que cela marche, achète quelques bouquins pour voir ce qui existe en matière de statuts possibles, se décide et finalement se lance.

Si la création ne lui pose que peu de problème, trouver une banque se révèle plus compliqué car la vente sur internet est assez mal encadrée réglementairement, personne ne souhaitant au final prendre le risque (on mesurera l’ironie de la chose quand on connait le but original des banques dans une logique capitalistique), il se tourne vers un « porteur » qui lui sous-loue un contrat de VAD (vente à distance).

Le voilà implanté, solidement même, avec un CA en hausse constante et relativement important par rapport aux prévisions. Il atteint même 1 millions d’euros après 1 an 1/2 d’existence. Si le fournisseur de sérigraphie et de Tee shirt est belge, la société est localisée en France.

Devant ce beau succès, et par le profit alléché, un grand groupe, Spreadshirt, se rapproche de notre créateur.

Il faut dire que lafraise.com joue dans la même cour que Spreadshirt mais sur des volumes moins importants. La grosse société a donc l’avantage de connaître le métier, d’avoir des volumes qui lui permettent d’obtenir des meilleurs prix (et d’élever ainsi mécaniquement la VA de la production), le petit a les idées.

Car en plus d’être un site de vente de tee-shirts, lafraise.com a su créer une communauté. Les graphistes sont rémunérés (200 puis 500 et enfin 1.000 euros par visuel imprimé), le fait d’envoyer des photos de soi avec un tee-shirt lafraise finit par vous faire gagner des points synonymes de réductions et le blog fait partager un peu de la vie de la scoiété.

Arrive ensuite le moment décisif, la vente. Car devant les propositions le créateur va vendre. On parle de 2 millions d’euros, ce qui au vu du capital de départ (8.000 euros de tête) représente une sacrée culbute.

Désormais l’activité n’est plus localisée en France. Les tee-shirts sont expédiés d’Allemagne ((Spreadshirt est Allemand)) et la société s’appelle désormais Lafraise ltd. Elle est localisée en Irlande, à Cork pour bénéficier d’une fiscalité avantageuse.

Ce qui au final me fait penser plusieurs petites choses:

  1. Une small business administration est effectivement nécessaire mais je crois qu’on ne s’achemine pas vers une structure assez large. Si on veut véritablement UN guichet unique, il faut créer une structure qui se charge non seulement des aspects fiscaux et légaux mais aussi de tout le reste. Quitte à faire « porter » par cette SBA les risques inhérents à la création. Véritable agréateur de capital-risqueur (public et privé) elle doit permettre un accès à l’entreprenariat serein. Tourné uniquement vers l’aspect commercial des choses.
  2. Une idée vaut plus que toute la puissance du monde. Le capitalisme « cognitif » a de beaux jours devant lui.
  3. Les gens qui encensent l’Irlande devraient aussi se demander si le PIB/hab de cette petite île n’est pas artificiellement gonflé (l’Europe est d’ailleurs en train de mettre son nez dans ces localisations fiscales)

L’histoire de lafraise.com est assez typique de la vie d’une entreprise nouvelle génération. basée non plus sur les principes tayloro-fordiste d’une production de masse mais qui conjugue avec un certain brio une idée de base et une production très réduite.

Dans une société qui uniformise les comportements, les cultures et les sociétés, le pari de la différenciation (chaque tee-shirt est tiré à 500 exemplaires pas un de plus) paye.

Le règne de l’idée est en cours.

Elysee 2.0 ou sarkozy2007.fr?

Il faut en avoir besoin pour le remarquer. Et c’est un site sur lequel l’on ne se rend pas par hasard. Mais lorsque l’on recherche les interventions – nombreuses – de notre président il faut bien le dire rien ne vaut son site de campagne le site de la présidence, elysee.fr

Ayant émis à mon hémisphère de veille le souhait de récupérer le discours prononcé devant la foule ébahie des autres chefs d’Etat à la tribune de l’ONU (où l’on installat discrètement un petit marche pied, c’est délicat), je me rend derechef sur le site de la présidence.

Et là, la révélation.

Non seulement le site de la présidence a subi un sérieux coup de toilettage mais il est aussi devenu la vitrine de notre président. Un elysée.fr très 2.0 avec moults vidéos, interviews et autres joyeusetés. Une copie quasi conforme du candidat. Pour la petite histoire je suis reparti en arrière pour vers google pour vérifier qu’il ne s’était pas planté.

La question qui se pose naturellement est la suivante: Le site DE LA PRESIDENCE a t-il vocation à devenir le site DU PRESIDENT? Les deux ne se confondent pas, de même que la fonction ne se confond pas avec celui qui a un moment T l’incarne. Il n’a qu’a ouvrir un blog.

Lorsque la mégalomanie devient une pratique usuelle cela ne manque pas de poser question. Sans verser dans la psychologie de gare ((mais je m’y vautre avec plaisir)) , je ne peux que m’interroger sur cette tendance à organiser sa propre mise en avant, ce souci d’occuper personnellement la place médiatique. Ego surdimensionné certainement, complexe quelconque probablement.. Nicolas Sarkozy a au moins une qualité, celle de toujours nous surprendre.

On regrettera cependant un vrai forum et des couleurs acidulés..

Quitte à faire parvenu, autant y aller à fond.

PS: je suis parti manger et me suis fait griller la politesse par Versac et Jules (qui en plus me pique mon titre) ça m’apprendra.