Entrer au capital sans entrer au conseil d'administration, bel exemple de renoncement

FB, redoutable

Le gars François il est con. Parfois il béggaggaggagagaye uun peu mais il faut lui reconnaitre une qualité, il a de la suite dans les idées. Dans une  interview au monde hier soir, il évoque les « recapitalisations » de banque par l’Etat et s’étonne que celui-ci ne souhaite pas nommer d’administrateur en contre partie.

Une dépêche Reuters rapporte le choix du ministère de l’économie de ne pas recourir à ces nominations :

Contrairement à certaines allégations, l’Etat n’a pas l’intention de demander la nomination d’un représentant au conseil d’administration de BNP Paribas

La dame de tweed (pas tweet, faut pas pousser rama dans les orties non plus) Lagarde avait pourtant laissé planer le doute hier soir, mais en fait c’est non. Et c’est là qu’intervient la mémoire éléphantesque (je vous vois venir, cessez la raillerie qui consisterait à dire que François a bien fait de ne pas être dans les Landes durant la tempête compte tenu de ses attributs particulièrement imposants, c’est mal d’attaquer sur le physique).

Car en effet, il existe un texte, un décret-loi pour être exact, datant du 30 octobre 1935 , organisant le contrôle de l’Etat sur les sociétés, syndicats, et associations ou entreprises de toute nature ayant fait appel au concours financier de l’Etat. Oufff. Dans son article 2 on peut trouver la disposition suivante (oui car la loi dispose et le contrat stipule !)
……………………………………………………………………………………………………………
Art. 2. – (L. n° 49-985, art. 12, et L. n° 2001-420, art. 13 9-III) Il est réservé à l’Etat au sein
des conseils d’administration, de gérance ou de surveillance, des sociétés qui font appel à son
concours sous forme d’apports en capital, ainsi que des sociétés dans lesquelles il détient une
participation au moins égale à 10 % du capital un nombre de sièges proportionnel à sa
participation
sans que ce nombre puisse être supérieur aux deux tiers des sièges du conseil, ni, dans les conseils d’administration des sociétés anonymes, inférieur à deux. Pour la détermination de ce nombre, il n’est pas tenu compte des représentants élus par le personnel salarié, notamment en application de l’article L. 225-27 ou de l’article L. 225-79 du code de commerce.

Vous avouerez dès lors que c’est bien con de ne pas siéger au CA pour influencer les décisions stratégiques alors même que deux sièges – en cuir épais – vous sont réservés !! Même pas la peine de demander !!

C’est la nouvelle méthode de gouvernance de l’Etat, celui de la chaisse vide. En protestation des excès des banquiers ! Voilà une vraie démarche constructive.  Ave César, ceux qui vont payer pour toi te saluent !

Capitalisme et hernie lombaire

On croirait le nom d’un courant chez les Verts non? Suite de la discussion sur le capitalisme, qui déchaine les foules semble t-il, et ses alternatives possibles, souhaitables, imaginables.

La question que nous avions laissé en suspens de l’immanence d’un capitalisme financiarisé, mondialisé et liquidifié n’est pas encore tranchée, c’est bien dommage. Car dans l’empressement de certains, c’est bien la corrélation de ces trois facteurs qui aboutit aujourd’hui à une course folle en avant.

Par financiarisé il faut entendre dépendant des marchés financiers. Le capitalisme a de tous temps été financier, c’est même la base de la chose, si l’on veut bien ignorer les possibilités d’apport en industrie et en biens mobiliers et immobiliers. C’est pourtant lors de son passage dans le broyeur de la place boursière que tout s’emballe. (suite…)

Souplesse dorsale et capitalisme

Actionnaire, un métier d'avenirIl faut bien l’admettre, sauf à craindre d’être lapidé en place publique (République par exemple) le 29 janvier prochain, le capitalisme n’a plus la côte.

Ses thuriféraires voudront bien me pardonner mais les dénégations entendues et les circonvolutions intellectuelles qui sont aujourd’hui les leurs me laisse de marbre, le même que celui de leur tombe.

A bien les entendre, il existerait ainsi un bon capitalisme et un mauvais capitalisme. Le français moyen aura vite identifié le parallèle que l’on peut dresser avec le bon et le mauvais chasseur, la galinette cendrée étant avantageusement remplacée par le salarié, beaucoup plus disponible et volubile en ces jours de revendication. (suite…)

L'Europe, une amie plus économique que sociale

Il ne s’agit pas d’un jugement personnel sur l’orientation économique de l’Europe (dont il faut bien mesurer que ce fût le premier pilier) mais de l’appréhension des européens consultés dans le cadre de l’Eurobaromètre.

Chaque parlementaire européen, et chaque européen convaincu imagine sans peine les évolutions possibles de l’UE, aussi complexes qu’elles puissent désormais être compte tenu des élargissements.

A l’union économique de base, celle de 1957, au delà de la libre circulation des capitaux, des marchandises et des personnes, par delà même la citoyenneté européenne, les plus doux des rêveurs substituent volontiers  une Europe politique et sociale. (suite…)

CAC mon amour

Mon coeur saigne de te voir ainsi te morfondre dans les bas fonds de ton graphique historique. Qu’il me semble loin le temps où tu grimpais à la manière d’un Lance Armstrong sur les pentes raides et sèches d’un intraday flamboyant.

Alpe d’Huez d’un monde fait de prolétaire souffrance – celle des autres – et de gloire éternelle – celle de tes thuriféraires bien informés, tu étais alors l’Everest que chacun désirait, cet Eldorado perdu où naissent des fortunes immenses, cet eden pour banquiers à bretelles, ce paradis perdu du trader caressant au creux de sa main engourdie d’avoir trop tapoté sur ses 7 ordis reliés en réseau les clés de sa rutilante nouvelle bête de course. (suite…)