Céline Churlaud, peintre évanescente

Lorsque l’on rencontre des gens, cela ne s’explique pas, parfois le courant passe, parfois pas du tout.

Cela pourrait fort bien dater d’un temps ancestral où la question de savoir si l’on peut ou non se fier à son interlocuteur pouvait induire un raccourcissement prématuré de sa propre existence. La partie la plus primitive de notre cerveau, ce qu’il est de bon ton d’appeler le cerveau reptilien – bien que je doute de la portée scientifique de cette notion – est toujours active, comme une tâche de fond sur un Mc Book 17″ ordinateur. D’où la fameuse règle des 4 fois 20 rabachée en formation de prise de parole en public: les 20 premières secondes, les 20 premiers mots, les 20 premiers centimètres (n’y voyez aucune allusion, ah raté bon ben pensez en ce que vous voulez) de votre visage, les 20 premiers pas.

Bref, avec Céline Churlaud, le reptile qui sommeille dans votre tête n’est pas forcément sur ses gardes. Son oeuvre est pourtant un petit choc.

Tout le monde en France a au moins une fois dans sa vie assisté à l’exposition incertaine de talents picturaux qui ne le sont pas moins. La France est un pays d’artistes, c’est bien que ceux-ci en soient persuadés à défaut de pouvoir en convaincre le passant. Après tout la démarche artistique, elle, n’a pas à être remise en cause, qu’importe si elle n’est pas magnifiée par des qualités techniques.

Pourtant dans cet improbable kaléidoscope de passions humaines, votre regard finit inmanquablement par tomber sur LE tableau, voire LES tableaux. L’évident premier souci est de ne pas faire une fixette sur la toute petite étiquette qui indique le prix auquel l’artiste est près à sacrifier cette partie de lui même.
Tout commence donc au Moulleau cet été ((c’est la partie hype du Pyla ou Pilat selon que vous soyez délicatement snob ou fièvreusement traditionnaliste tendance brochure pour touriste)). La traditionnelle Pyl’art présente donc quelques uns des artistes du cru. Au rang desquels la dénommée Céline Churlaud.
Et voilà donc que je tombe nez à nez avec plusieurs tableaux de la collections « les evanescents ».Pour l’artiste,

Cristalliser ces fenêtres de bonheur qui tendent à s’évanouir.
Les contours restent ainsi flous et vaporeux comme l’écume des vagues qui s’écrasent dans un remous immuable, comme le bruissement tamisé du sable sous nos pieds, comme le souvenir de l’éclat de rire partagé au soleil, comme la sensation de n’être jamais aussi seul que face à l’immensité de la mer.
Pressentir derrière la brume incandescente la fraîcheur d’une larme océane.
Préserver l’imperceptible dans cette nébuleuse de couleurs et de contours esquissés et permettre à chacun de projeter tour à tour la mélancolie voilée du moment passé, la légèreté aérienne du moment présent ou la perspective silencieuse du moment qui se consume.

De cette série, plusieurs marquent instantanément l’oeil (les images sont cliquables pour être visionnées):

Malheureusement, la petite fille en jaune a fait l’objet d’un cadeau de l’artiste et le dyptique du couple était très légèrement au dessus du prix que je m’étais fixé pour un tel tableau.

Restait donc celui de la mère et de sa fille, avec le ballon rouge.  Tout l’intérêt de cette série, pour moi, est résumé dans dans ce tableau. Au départ Céline Churlaud est graphiste, et cela se sent. La recherche du point d’impact, cette focale particulière sur laquelle fixer l’attention inconsciente mais bien réelle de celui qui regarde l’oeuvre est une pratique récurrente dans le design, un peu moins me semble t-il dans la peinture. Encore faut-il que cette recherche soit assez subtile pour se dissimuler aux yeux du spectateur, pour ne pas lui crier avec force gyrophare et sirène « Hep, tu m’as vu, c’est là que tu dois regarder, vois comme je donne du relief , c’est moiiiiiiiiiiiiiiiiiii ».

Or l’estompage des couleurs, cette fusion réalisée, à peine perceptible de loin et beaucoup plus sensible à mesure que l’on approche l’oeuvre, participe au côté diaphane du tableau et laisse cette impression de légèreté éthérée que vient subtilement contrebalancer ce point « focale ».

La décision était déjà presque prise quand le lendemain nous retrouvons l’artiste, jetée Thiers cette fois-ci, avec de nouveaux tableaux parmi lesquels « Jump into your life ».

Encore une fois l’utilisation d’un point d’accroche majeur, le LIFE, fait merveille. Dans une livrée Bleue et verte sur fond d’iconographie des années 50, c’est toute l’énergie tranquille d’un bond en avant qui est transcrite, qui éclate réellement au visage du passant ébahi.

L’indécision suggérée de la petite fille, l’appréhension palpable à se projeter dans un espace inconnu a provoqué un coup de foudre artistique. Cette certitude que quelque soit le prix de ce tableau il serait bientôt accroché chez moi.

J’ai l’habitude d’être un acheteur compulsif. Non pas un acheteur de masse, ce serait plutôt le contraire, mais un acheteur instinctif. L’idée peut être saugrenue que tout s’imbrique et fait sens naturellement, complétant un vide dont on imaginait pas forcément la présence.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai acheté celui-ci et le tout premier, l’un trônant dans ma chambre, l’autre faisant face à la porte de l’appartement, astuce à peine allégorique de me signifier chaque matin crasseux, neigeux, froid et morne, que franchir cette porte c’est aussi devoir volontairement et consciemment,  chaque jour, sauter dans sa vie.

Il y a du beau et du linéaire.

Il y a du calme et du tranquille.
Il y a comme une intemporalité du souvenir.

Et le souvenir collectif se situe là, dans cette réminiscence d’un moment où l’on joue à être heureux avec la conscience que ça n’est peut-être qu’un jeu…

Sortir de cette beauté silencieuse, plonger dans le vide de l’inconnu et inviter autrui à percer le sens caché de ces scénarios du mouvement pour lesquels tout reste à inventer

Pump omni zone, Dee Brown édition, la perle rare

Dans la catégorie des chaussures de basket d’exception, que dis-je de légende, la Reebok Pump Omni Zone dans sa livrée noire et blanche tient une place toute particulière.

D’un point de vue technique, il n’y a pas grand chose à dire sur le système d’amorti, c’est un Hexalite de deuxième génération, structure en nid d’abeille censé répartir les chocs via un gel intégré.  Non, la vraie attraction de cette chaussure c’est évidemment le système pump inventé par Reebok en 1989. La première chaussure à bénéficier de ce système – qui consiste à gonfler une poche d’air grâce au gros bouton orange siglé « Pump » – c’est The Pump, original n’est ce pas?

Le look est massif comme toutes les chaussures de cette époque, le design relativement frustre et comble de l’ironie, ce modèle à la tige haute n’est pas porté par un pivot ((joueur de grande taille, numéro 5 dans la typologie habituellement retenue des joueurs de basket, le 1 étant le meneur de jeu -point guard en anglais- le 2 l’arrière shooteur – shooting guard – le 3 l’ailier – Small forward – le 4 l’ailier fort -power forward, et le 5 le pivot. Voilà vous savez tout ! )) mais par l’un des joueurs les plus dynamiques et virvoltants des années 90, Dominique Wilkins. Wilkins est né à Paris, d’où le patronyme à consonnance trés francophone.

Pour ceux qui auraient des lacunes en histoire de la NBA, « Do » Wilikins est l’ailier shooteur des Atlanta Hawks, fût meilleur marqueur NBA avec une très flatteuse moyenne de 30.3 pts / match en 1986, année au cours de laquelle il enfila notamment 57pts aux Bulls de Chicago d’un certain Michael Jordan (( Petite forme ce soir là pour lui, 41 pts seulement )) .

Pour les amateurs, Do Wilkins est surtout connu pour l’Homérique concours de dunks (smatchs) de 1988, au cours duquel il fût battu – injustement – par MJ, puissance invitante de ce ASG. Youtube rend mémoire à ce moment !

Après des débuts remarqués pour les « Pump », c’est véritablement au cours du All Star Game 1991 que les choses vont s’accélérer. En cause un petit gars nommé Dee Brown, numéro 7 des Boston Celtics, qui va devant des millions de téléspectateurs s’arrêter avant un de ses dunks, patiemment gonfler ses chaussures et s’en aller smasher avec le bras devant les yeux. Son concurrent en Finale, Shawn Kemp, n’aura que ses yeux, bien ouverts, pour pleurer, lui dont les « Kamikaze » deviendront ensuite des chaussures presque cultes.

http://www.youtube.com/watch?v=XbaQcXmPEec

Au centre de toutes les attentions donc les Pump Omni Zone noires et blanches de Dee Brown, rééditées l’an passé à 1991 exemplaires en noir puis 1991 exemplaires en blanc. Malheureusement j’ai raté les éditions limitées mais pas un des derniers modèles normaux qui trainent encore sur Ebay.

La classe non? C’est comme cela que l’on éteint une frustration enfantine (contre la modique somme de 120€ frais de port compris depuis les US) !

Les Nicolas d'Or ou le substrat politique 2.0 de l'année

Les Nicolas d'OrA l’origine c’est une idée un peu foldingue, on pouvait donc imaginer que cela émane de Dagrouik, il n’en est rien, c’est bien Vogelsong et David de Reversus qui en sont à l’origine. Les Nicolas d’Or c’est une sélection des déclarations, bides et coups d’éclat politiques, fantômes et trublions politiques de l’année.

Organisé de main de maître (n’y voyez pas l’esprit naturellement sado-masochiste des blogueurs ni la patte machiavélique de l’autre maître, Eolas) grâce aux dernières techniques 2.63 (évolution génétique du 2.0) gracieusement offertes par google et pearltree (le dernier gadget à la mode), ce classement fera date, c’est le collaboratif en action! Servis par une distribution de blogueurs illustres, les Nicolas d’Or récompensent donc la grande et petite, voire toute petite histoire politique de l’année

Mais je sens bien que j’éprouve déjà fortement et durablement votre patience, roulement de tambours: Tada:

Le « Nicolas » d’or de la phrase de l’année :

Jacques Séguéla : « Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a raté sa vie » sur France 2, le 13 février 2009

Le « Nicolas » d’or du fantôme politique de l’année :

Fadela Amara

Le « Nicolas » d’or du coup d’éclat politique de l’année :

Le retour de Daniel Cohn Bendit et le score d’Europe Ecologie aux Européennes

Le « Nicolas »d’or de l’arnaque économique de l’année :

La moralisation du capitalisme

Le « Nicolas » d’or du bide politique de l’année :

Jean Sarkozy et l’EPAD

Le « Nicolas » d’or du Coup de pelle de l’année :

N. Sarkozy : « Les journalistes, ce sont des nullards, il faut leur cracher à la gueule, il faut leur marcher dessus, les écraser. Ce sont des bandits. Et encore les bandits eux ont une morale ». (source : http://www.slate.fr/story/3947/sarkozy-les-journalistes-il-faut-leur-cracher-a-la-gueule)

Le site Internet de l’année :

Jean-Luc Mélenchon http://www.jean-luc-melenchon.fr/

Et la liste, exhausitive SVP des participants!