Si loin si proche, fin d'aventure pour l'ASSOA

32ème de finale de la coupe de France, si loin si proche. Dire que Saint-Ouen l’Aumône est passé près de l’exploit serait mentir.

Dans un stade de Saint-Leu bondé jusqu’à la gueule de supporteurs venus de toute l’Ile de France (2.500 spectateurs selon les stadiers), chantant, remuant et s’époumonant avant même le début du match, les verts ont fait front. Dès le coup d’envoi, ils font parler la puissance et la vitesse qui fait d’eux les potentiels dauphins de Fleury-Mérogis en DH. Alors qu’ils peuvent habituellement prendre leur adversaires en défaut, imposer des gabarits et des accélérations, ils doivent faire face à des adversaires à leur mesure.

Sedan dispose en effet de joueurs physiques, rapides et techniques, toujours bien  placés, ne tombant pas dans le piège habituel de se mettre au sol. Solides en défense ils ne laissent notamment aucun espace au géant Oussmane, serré de très près.

Durant les 30 premières minutes, le match est bien équilibré, chaque équipe évitant de se livrer, les saint-ouennais tiennent bien le milieu de terrain, limitant les initiatives des ardennais et notamment de l’ultra technique et virevoltant Markus Mokaké.

Sur un pré glissant à souhait qui met les défenseurs en grande difficulté, c’est même SOA qui se crée les premières occasions, franches. Elles auraient être décisives sans deux parades superbes du gardien sedannais,  Benoit Costil.

Après l’expulsion du défenseur  central de Sedan, on pense que Saint-Ouen l’aumône va pouvoir imposer sa densité physique. C’est pourtant le contraire qui se produit et la fin de première mi-temps est ardennaise. La mi-temps arrive sans que les deux équipes n’aient pu inscrire le moindre but.

En début de deuxième, SOA manque de tuer le match. A la 47ème une tête pas assez appuyée vient mourrir dans les gants d’un gardien trop heureux de pouvoir rapidement relancer. 50 secondes plus tard, après un contact plutôt rugueux, Markus Mokaké s’en va tromper le portier saint-ouennais. 1-0 l’addition est déjà amère pour des joueurs de DH qui n’ont jusqu’à ce moment rien à envier aux pensionnaires de L2.

Sous les coup de butoirs du même international camerounais, les 20 premières minutes de la seconde ont la même physionomie. Dépassés, pris de vitesse, et tandis que l’infériorité technique devient plus visible, les 11 de SOA, toujours portés à bout de bras par un public fervent,  souffrent mais ne plient pas.

Petit à petit ils sortent la tête de l’eau (qui tombe depuis 1h), ouvrent des espaces, accélèrent en élargissant sur les ailes avec l’aide précieuse des arrières,  notamment Duarte Nelson.

Malheureusement, c’est encore après avoir raté une occasion franche que nos joueurs sont victimes d’une accélération de V2 de Markus Mokaké. Après avoir fixé Grégory Grandin il offre à Henaini un second but improbable. La stupeur et le découragement éteignent les chants des supporteurs Saint-Ouennais, frustrés de tant de réalisme.

La fin de match est confuse, on sent les deux équipes sur le point de rompre. C’est finalement les Val d’Oisiens qui craquent une 3ème fois, donnant au score une ampleur qu’il ne mérite pas.

Les joueurs Saint-Ouennais vont saluer des supporteurs restés irréprochables (bon d’accord, leurs promesses de faire des choses pas très catholiques à l’anatomie de l’arbitre étaient un peu de trop, mais bon, cela fait malheureusement parti du folklore footballistique) et sortent sous les bravos d’un public heureux de les avoir vu se battre jusqu’au bout, sans abdiquer. Les 4 divisions de différence ne sont au final pas si perceptibles et l’expérience à tirer de ce match sera probablement extrêmement précieuse pour espérer monter en CFA. Il n’aura finalement manqué qu’un peu de réalisme devant le but et de  bouteille pour ne pas encaisser deux buts sur contre-attaque.

Le Maire adjoint au sports, Gilbert Derus se disait par ailleurs « confiant » dans la possibilité de convaincre le conseil municipal d’investir dans un dispositif anti-intrusion, afin de rendre parfaitement adapté le stade de SOA. Le Maire de Saint-Ouen l’Aumône, Alain Richard, semblait déjà à moitié convaincu, dans la défaite les supporteurs Saint-Ouennais ayant montré qu’ils savaient rester fair-play.

La fête n’aurait pas été complète sans une intervention très « professionnelle » des bénévoles du club, responsables et organisés, appuyant durant toute l’après midi des stadiers professionnels eux aussi irréprochables.

RDV l’an prochain, même stade (de la compétition) , peut être à SOA.

Finir dans le caniveau

Pas facile de finir dans le caniveau quand on a connu les frimas de l’altitude, l’air frais et champagné des sommets, l’ivresse de la gloire et des récompenses.

Rien ne semblait pouvoir m’arrêter. Depuis ma naissance tout n’était que réussite. Mes deux papas (oui j’étais déjà en avance sur mon temps) possédaient des belles mécaniques italiennes et ne manquaient pas d’en rouler. Leur bébé était une merveille. Sur mon berceau seules les fées se sont penchées.

Élancé et gracile, j’ai reçu la visite de tout ce que la planète porte de plus exotique, de plus politique, de plus polémique, de plus extravagant. On se serrait contre moi et je n’ai jamais, non jamais, refusé d’accueillir quiconque.

Bien sûr, comme toute célébrité j’ai eu mes hauts et mes bas, m’offrant chroniquement un petit lifting pour ne pas faire mon âge, mais pouvait-on réellement m’en vouloir?

Avec la maturité, j’ai bien tenté d’évoluer vers des relations plus sérieuses. Banquiers, avocats et hommes politiques se sont invités à ma table, puis à mon chevet. Mes écrits étaient courus, tantôt acides tantôt douceâtres, caressant le faible et flagellant le riche, et inversement selon mon bon vouloir du jour. Je faisais la pluie, le beau temps et toutes les variations météorologiques que me m’autorisaient ma position de référence sociale.

Puis un jour, sans bien le situer, insensiblement, inexorablement, sereinement, j’ai commencé à me faner.

Mes parents venaient d’avoir un autre bébé. La nouveauté plait, surtout quand après quelques balbutiements il parle plus volontiers de sport et de fille. Les grandes discussions sur l’avenir de la planète, sur la conditions des paysans Huan en Chine, tout cela était devenu trop intellectuel. Ils se sont éloignés. Petit à petit. Sans le dire clairement, sans le dire vraiment, sans le dire du tout.

Et un jour j’étais la chose de quelqu’un d’autre. Finis les rires qui ricochaient sur les frêles fenêtres de l’atelier où résonnait aussi cette grosse machine qui a fait la fortune de mes papas.

J’ai vivoté. J’ai résisté. J’ai perdu du poids et gagné une couche de maquillage. Pour faire beau on a fait dans l’air du temps. Si j’avais encore eu quelques relations politiques, et j’en ai eu des nombreuses, elles n’auraient pas manqué de me rappeler qu’à vouloir être dans le vent on se donne un destin de feuille morte.

Et ça n’a pas manqué. Mes fans se sont éloignés. Les derniers ne venaient plus que par pitié. Pour ne pas laisser tomber le monument historique que j’étais devenu. Pour ne pas faire taire les rires de leur enfance, lorsque je leur lisais les bonnes cases des cartoons américains.

Finir dans le caniveau, c’est dur. C’est mouillé. C’est sale. Et c’est triste. Même pour un journal, finir dans le caniveau c’est pas une vie. C’est pas une mort. C’est triste, tout simplement.

Hadopi, ça commence bien

Hadopi c’est la boiboite à claque pour les méchants pirates qui ne font rien qu’à piquer l’argent des majors artistes, ce qui explique probablement les prix désormais hallucinant des places de concert, je dis ça je dis rien.

Donc la boiboite à claque, vu qu’elle est là pour être vue – sinon ça fait pas peur – elle se dote d’un logo dans la trempe de ceux de la SNCF, du pôle emploi, c’est à dire probablement hors de prix pour un résultat des plus improbables. Un logo est bien souvent composé de deux élements: un élément graphique et un élément typographique.

En l’occurence, la société Plancreatif a préféré lier les deux, choix osé. Le choix n’est pourtant pas aussi aventureux que d’utiliser la police de caractère « Bienvenue » propriété exclusive de…France Telecom.

Vous ne vous trompez pas dans l’interprétation, le logo de la boiboite à claques pirate allègrement une oeuvre de l’esprit copyrightée.

Allélouia. A ce niveau là de connerie d’inconséquence je dirais que la pathologie doit commencer à répondre à un traitement médical…

Le lièvre a été levé par des twitters typographes tel Jean-Baptiste Levée et Georffrey Dorne et relayé par Korben, le channel français de Readwriteweb, tandis que PC impact organise un concours de remix dont voici ma sélection :

Le meilleur étant pour moi celui qui fait référence à HAL…