Twitter, ces étranges petits oiseaux révolutionnaires

Tout le monde ou presque a déjà entendu parler de twitter ce site de micro blogging comme il est de coutume de dire désormais. 140 caractères (presque un sms) pour partager son humeur, une info, réagir, agir, commenter.Un reply ou un retweet plus tard vous avez fait le tour des fonctionnalités.

Ses faits de gloire sont pourtant limités sinon qu’il a permis de médiatiser la répression en Iran et que des opposants chinois l’ont utilisé pour prévenir de leur enlèvement.

Les stars se sont emparées de l’outil, l’histoire retiendra qu’Ashton Kutcher (aplusk sur tweeter) fût le premier à atteindre le seuil du million de followers (les gens suivent vos tweets!) dans un duel homérique avec CNN. Il est désormais en passe d’atteindre les 5,5 millions, suivi de près par Barack Obama (4,8 millions) ! Imaginez que 5 à 6 millions de personnes suivent vos déclarations chaque jour ! Yes he can. Etre mis en lien par Ashton c’est passer de l’anonymat à la « célébrité » en un clic, fabuleux ou totalement fou, vous jugerez.

Nous sommes donc désormais à l’ère de la « désintermédiation médiatique » aussi paradoxal que cela puisse paraitre. L’info se passe potentiellement de tout intermédiaire institutionnalisé type journaux, radios pour se répandre par voix/voie twittesque.

Le bon côté: l’absence de censure

Le mauvais côté: l’absence de vérification « journalistique »

Pour égayer ce petit post deux cartoons bien représentatifs:

Malgré sa grande liberté, les censures existent.

Et son succès tend parfois à rendre le service indisponible, ce qui se traduit par l’apparition d’une baleine portée par des tweetys. L’occasion pour smashing magazine de gentiment brocarder les soucis actuels

Souriez, on vous tire le portrait

Vidéo-surveillance n’est pas un mot à la mode. Non. Le mot à la mode c’est vidéo-protection. Puisque je vous dis que l’on ne vous surveille pas, on vous protège !!

Cela fait partie des éléments de langage à adopter lorsque vous voulez persuader vos administrés que dépenser 20.000 euros par caméra est un mal bien nécessaire. Et ne croyez pas que vous y échapperez, c’est Tonton Brice qui ne va pas être content sinon. Et vous savez combien un (ou plusieurs) auvergnat peut être relou si vous n’allez pas dans son sens.

Alors souriez, on vous protège ! (suite…)

Show me your pognon!

Alors que la France tombe lentement mais surement dans une torpeur post Woerthgate de nature à faire oublier les tourments de l’argent politique facile et bien caché, de l’autre côté de l’atlantique, les choses sont faites en pleine lumière. Avec un tel traitement,  notre classe politique prendrait probablement des gros coups de soleil, mais la vie politique n’en serait que plus propre.

Car après tout, en matière politique, on tient la lumière du jour pour le meilleur des désinfectants. (suite…)

Petites mutations entre fillettes

C’est une info qui passe comme un hamburger dans un gosier américain. 4 commentaires sur le Monde.fr (contre plus de 200 pour les articles du Woerthgate), ce qui a défaut de montrer son intérêt démontre l’absence de conscience de la grande majorité de nos concitoyens.

Et pourtant, il s’agit de sexe ! Peut être pas étonnant mais surement inquiétant. (suite…)

C’est l’histoire d’une femme

C’est une femme d’âge mûr, qui fêtera sans flonflon ni champommy ses 52 automnes. La couleur de son tailleur est un peu passée, sa démarche moins assurée et ses traits un peu plus lourds que lorsque BB l’incarnait tous seins dehors et la croupe à l’air.

C’est une Dame vénérable et vénérée dont les pas raisonnent dans tous les bâtiments publics, son feutré, distingué, reconnaissables entre tous. Son parfum « justice et démocratie » ravive les souvenirs de barricades, de coup d’Etat, de liberté, de 10 mai 81, de fracture sociale, de Fouquet’s.

Ses amants n’ont pas tous survécu, loin s’en faut. Elle a laissé derrière elle un grand escogriffe à l’allure un peu martiale, la voix chevrotante et une certaine idée de la France. Son premier amant, celui qui a fait d’elle la Femme d’Etat qu’elle est encore aujourd’hui, à une époque où la probité s’étendait jusqu’aux goûters et où les prénoms à la mode étaient plus Simone que Kelly.

Lassée et fraichement émoustillée par le vent de liberté qui a soufflé sur un quartier plus parisien que latin, elle retrouve finalement ses esprits – ou les perd définitivement c’est selon la vision de ses hagiographes – pour se jeter dans les bras du premier haut fonctionnaire/banquier venu, un fumeur de gitanes sans filtre. Son goût pour les volutes tsiganes n’ira pas jusqu’à lui faire voir beaucoup de pays mais finira par le déposer sur le bord de la route, les poumons noirs du goudron qui permet à des millions de français de prendre la poudre d’escampette durant l’été  (il vaut mieux retenir ça que la très exotique maladie de Waldenström, beaucoup moins terroir).

De plus en plus attirée par l’élégance et le raffinement, c’est de son âge, elle jetera son dévolu sur l’image d’Epinal de l’aristocratie française. Aussi à l’aise devant les médias qu’au sein des foyers prolétaires, féru de volcans, d’auto-stoppeuse et de princesses, haut fonctionnaire morne et délicieusement suranné, celui que l’on surnomme déjà VGE lui fera faux bond en 1981.

Emportée par le vent de liberté et un nombre considérables de propositions pas toujours décentes, elle succombe à la voix profonde et littéraire d’un multi-ministré Charentais au passé et aux amis sulfureux. Elle apprendra avec lui les sombres détours de l’âme humaine et les insoupçonnables ressorts de l’intelligence machiavélique. Elle l’accompagnera dans la maladie et les écoutes, les intrigues et la construction européenne, Femme dévouée et partagée entre la fidélité à la nation et le souffle puissant d’un mastodonte en devenir, elle demeure encore aujourd’hui interrogative.

Son amant suivant elle le partage avec de nombreuses conquêtes, d’un soir ou d’une vie, blondes, brunes, rousses mais aussi tachetées noires et blanches. Génial bateleur, tribun inspiré, menteur éhonté et piètre anglophone il la mènera des les ruelles encombrées de Jérusalem aux champs boueux de la camargue. Avec lui elle découvre du pays, connait l’affront d’un amour non renouvelé et l’affront de la fièvre brune. Usé, vieilli et fatigué, il passe la main après un règne dont la durée le dispute à la médiocrité.

Lassée, elle retrouve alors une nouvelle jeunesse dans les petits bras musclé d’une musaraigne sous amphétamine. Le stupre, la luxure et le luxe, rien ne manque à sa nouvelle vie de Femme mûre. Elle se sent pousser des ailes de faucon (900 ça va plus vite), fréquente Jet set et beautiful peoples, perdant pied avec la réalité et découvrant un peu tard qu’elle n’est plus, au yeux de ses sujets, la digne et raisonnable Marianne. Ses frasques finissent par détourner même les fidèles des fidèles. On parle de la remplacer par une jeunette, plus plantureuse, plus adaptée, plus véloce, plus tout en fait.

Une sixième république? Pourquoi pas. on sait ce que l’on quitterait. On ignore  par contre quelle sera la tenue d’une jeunette née de l’esprit malsain des mêmes qui ont perverti la Vème.