L’atroce beauté du drame

Où l’aspect honteusement attirant des images des drames

Quelques jours après le tsunami engendré par le maousse tremblement de terre au Japon, plus personne n’ignore le nom de Fukushima, ni celui de Denzaï. Et j’imagine que personne n’a regardé ces images qui ont tourné en boucle sur les télé et les sites internet sans se demander : pourquoi donc suis-je en train de regarder ces images déjà vues et revues mille fois?

Cela ne vous rappelle t-il rien? Personnellement, cela me rappelle un jour ensoleillé de septembre 2001, le 11 pour être précis.

Car le drame et sa représentation photographique et vidéo attire indiciblement, irrationnellement et irrépressiblement. Il suffit pour s’en convaincre de voir ralentir les automobilistes lorsqu’ils croisent un accident routier (outre les mesures naturelles de sécurité évidemment). L’attrait est tout d’abord me semble t-il facilité par le choc.

L’imagination humaine est un outil dont personne ne mesure les limites pour autant qu’elle en soit réellement dotée. Et pourtant ce mot d’inimaginable revient sans cesse. Mais ne pouvions nous vraiment imaginer que pareille catastrophe puisse se dérouler? C’est pourtant des choses bien plus énormes et destructrices (c’est même le terreau des films catastrophes) que nous propose les films « Le jour d’après » ou encore « 2012 ». L’imagination n’a donc rien à voir avec cela. Ce qui s’est déroulé sous nos yeux ébahis, ce n’est pas l’inimaginable, c’est l’inconcevable.

L’imagination a toujours été un puissant moteur de l’évolution humaine, des innovations qui aujourd’hui font de notre quotidien une course folle en avant. L’innovation propulsée par l’imagination est en 2011 la clé de voute de notre économie et plus largement de notre société.

Mais l’inconcevable, c’est la barrière mentale que se forgent les humains pour barricader leur santé mentale. Ce n’est rien moins que le monstre sous le lit et le loup dans la forêt.

Mettre des avions dans une tour (au delà du fait qu’il n’y avait pas la place !) n’est pas au delà de nos capacités d’imagination, mais cela fait céder les protections que nous avions mises pour pouvoir continuer à vivre, tout simplement.

Si la peur de sortir, de vivre en bordure de mer ou de prendre un Boeing 747 sur le coin de la figure devait se répandre, ce serait toute l’activité humaine qui s’en trouverait paralysée. C’est cette corde sensible que tire jusqu’à plus soif les terroristes lorsqu’ils bombent des autocars, des avions, des hôtels.  Faire en sorte de rendre si anxiogène la vie de tous les jours que l’on rendra les armes mentales et sociales pour retrouver un semblant de quiétude.

La nature ne suit évidemment pas la même logique mais elle nous rappelle seulement à notre condition. Nous envoyons des sondes explorer les confins de l’univers et nous traquons les bozons dans l’infiniment petit. Nous exploitons la planète sans réellement nous soucier de savoir si elle y consent (c’est très animiste ça non comme phrase?).

Nous avons juste oublié que les limites du concevable ne sont que des constructions mentales humaines auxquelles ni la nature ni les terroristes ne sont sensibles.

Les images qui nous rappellent ce fait nous glacent d’effroi parce qu’elle figent plus profondément encore la fragilité de notre condition. L’atroce beauté du drame, la fascination devant la preuve que nous ne sommes finalement pas grand chose. L’inconcevable devenu subitement et douloureusement palpable.

Geoffroy Didier ou la politique de la paramécie

La paramécie est une espèce unicellulaire dont on devine aisément que la réflexion n’est pas son fort. Geoffroy Didier est un jeune avocat conseiller de Brise-brune Hortefeux dont on devine aisément, à rebours de ladite paramécie, qu’il est doué d’une certaine capacité à arranger ensemble quelques bribes d’idées pour en faire un corpus compréhensible.

Par quel curieux détour de l’esprit ou facétie de la nature ce sémillant jeune homme, candidat UMP fantôme sur le canton de Gonesse, en arrive t-il à « commettre » un tract comme celui que les rieurs habitants du canton de Gonesse ont pu découvrir?

Que la transmission synaptique ait quelque mal à se faire dans un jeune esprit tourneboulé par la proximité ombrageuse et tutélaire d’un ancien ministre peu connu pour ses sympathies auvergnates est une chose. Mais que ce responsable départemental de la communication ne se doute pas des conséquences de son acte en est une autre.

La communication politique est inhérente à ce combat d’idées qui doit normalement prévaloir en période de campagne électorale pour la bonne raison qu’il est naturel de convaincre du bien fondé de ses propositions pour légitimement « briguer » un mandat et solliciter des suffrages. Toutefois, lorsque cette communication sollicite le quidam sur un mode « je fais peur, je suis la solution à cette peur », nous touchons aux limites du genre.

Sur ce tract figure donc ces quelques mots : Non aux minarets dans le Val d’Oise / Non à la burqa dans le Val d’Oise

Que voilà donc le sarrasin à nos portes qu’il faille un preux chevalier monté sur son destrier, tendant à bout de bras son fier étendard. En fait pas tout à fait puisque ledit chevalier blanc a « oublié » d’apposer son étendard UMP sur son torchon tract. On a le courage un peu limité chez les Didier.

Dans ce tract, rien qui ne touche directement aux compétences du Conseil général. Il faut dire que le jeune homme est déjà conseiller régional, fort occupé donc sauf à faire montre de la même parcimonie dans ses présences que dans ses réflexions,  nommé secrétaire national de l’UMP, porte parole de l’UMP 95, et qu’il ne semble pas réellement savoir où il va dans ce dossier, la faute semble t-il à ses multiples activités qui parasitent directement son implication sur le terrain.

Alors que faire? Lui dire tout notre mépris pour cette prise de position « immonde » selon les termes de Luc Broussy? Lui dire combien il serait plus adéquat de mettre sa matière grise au service d’un débat républicain et d’échanger sur des propositions concrètes pour le bien des Val d’Oisiens? L’ignorer superbement?

Le mieux, puisqu’il met à disposition des bonnes âmes son numéro de téléphone (06 19 96 53 80) c’est peut être de lui signifier directement notre désapprobation.

Dans ma prime jeunesse j’aurais fait en sorte de mettre ce même numéro sur les forums de rencontres histoire de pimenter un peu la vie terne et nimbée de peur des minarets de ce jeune homme croisement improbable d’élu local et de paramécie.