Non cumul des mandats en 2017 ou comment prolonger la DLC de nos élus

jour de la marmotteIl parait que par prudence et pour ne pas décoiffer nos amis parlementaires, la future loi sur le non cumul des mandats s’appliquera à compter du prochain renouvellement de nos instances représentatives, c’est à dire 2017.

Le gros avantage de cette date étant naturellement la coïncidence des élections législatives et sénatoriales qui habituellement, pour des raisons de durées différentes de mandat, ne permettent pas de s’asseoir autour d’une table en même temps pour festoyer à la victoire.

Mais cela a aussi un avantage non négligeable pour ceux de nos éminents représentants qui souhaiteraient prendre une retraite un peu reportée.

On s’explique.

Prenons un parlementaire par la main, il faut lui parler avec douceur, eu égard à notre différence d’âge et à sa réserve parlementaire dont il est bon de ne pas derechef priver son territoire en ayant des mots déplacés ou trop directement formulés.

Mars 2014, élections municipales. Septembre 2013, désignation des têtes de listes des partis en place, octobre si cela dure un peu.

Si le non cumul devait s’appliquer dès 2014, ces parlementaires ne pourraient prétendre à figurer en tête de liste, on aime flatter le chaland mais figurer en numéro 1 pour finalement ne pas être désigné maire c’est foireux comme pédagogie électorale. Ils pourraient être présents sur la liste mais ne pourraient pas exercer de fonctions exécutives (au moins jusqu’en 2017) et ne pourraient en tout état de cause être désignés maire avant 2020. Les conditions dans lesquelles un changement de Maire s’opère sont à ce point restrictives qu’elles en deviennent quasi inapplicables (hors décès ou démission, par essence définitive).

Or si le non cumul s’applique en 2017, voilà que s’ouvre une porte de sortie et surtout un petit prolongement de carrière locale.

Car les désignations pour les sénatoriales ou les législatives 2017 vont intervenir quelque part entre septembre et décembre 2016. Ce qui veut dire qu’un parlementaire mis en défaut d’investiture parlementaire aurait la possibilité de demeurer Maire jusqu’en 2020, avec qui plus est la perspective de se représenter à la tête de liste à cette date.

Ne soyez en effet pas naïfs, perdre en 2014 la tête de liste pour espérer la récupérer en 2020 après 6 années de mandature pour un/une autre, cela relève de la gageure, rien qui soit aussi naturel qu’une reconduite du/de la sortant(e).

Dans un cas, pas de fonctions exécutives et le risque en 2014 de ne pouvoir exercer qu’une fonction d’adjoint, avec un horizon 2020 bouché par le/la maire en place, dans l’autre option, un mandat de maire potentiellement tenu jusqu’en 2020 et une position de favori pour l’investiture 2020.

Vous feriez quel choix vous ?

[alert color=blue title= »Avis personnel » align=center]

Inclure les fonctions exécutives des EPCI au nombre des mandats incompatibles sans faire des mêmes EPCI des collectivités de plein exercice, même en justifiant du fléchage au scrutin municipal, c’est s’arrêter assez franchement au milieu du gué

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