Trois idées que tout projet municipal devrait contenir

Passé le temps des propositions, fanée l’époque des promesses, place aux réalisations. Toutefois, rien si ce n’est la bêtise, n’empêche de considérer d’autres idées que celles auxquelles vous aviez donné naissance lors de féconds, tardifs et brumeux brainstormings collectifs.

Voici donc mon humble participation à la période nécessairement beaucoup plus florissante que la précédente, la gestion gauchiste des collectivités, vétuste, clientéliste et dispendieuse ayant laissé la France éternelle dans un état de décrépitude dont seule la clairvoyance des journalistes du Figaro ou celle – incommensurable – de François D’orcival avait pu mesurer l’avancée.

Un lieu commun de bricolage

Le bricolage tient en France une place tout à fait significative. D’autant plus significative qu’elle génère un chiffre d’affaires important, faisant fleurir les enseignes spécialisées et les magazines télé mais aussi  print.

A quel besoin répond un lieu commun de bricolage (LCB je dépose le nom, prems) ? Tout un chacun peut apprendre à bricoler, via youtube, via des livres, via des doigts tapés et / ou écrasés… Mais il est aussi possible d’apprendre des autres. De ceux qui savent et qui sont disposés à échanger autour de leur passion. Deux pierres pour deux cibles : une activité utile ET une rencontre, top non ?

L’autre besoin est celui de la disponibilité du matériel. Bien entendu vous pouvez toujours acheter ce matériel, mais si vous ne l’utiliser que rarement vous serez tenté(e), pingre que vous êtes, de préférer un premier prix au bon outil. Ce qui aura pour conséquence irrémédiable de creuser le déficit commercial de la France en achetant des produits importés d’un grand pays à la tradition millénaire mais aux qualités de production un peu approximatives. Et en plus vous allez râler parce que ce foutu marteau rouge (oui les marteaux sont toujours rouges, c’est un bricolage cognitif  basique de votre cerveau) se casse au bout de 4 petites tapes nerveuses.

En résumé, c’est du 0% de réussite.

Donc préférez un LCB, avec des personnes investies, des cours dispensés éventuellement, selon l’humeur et la DRH de votre commune, par des employés municipaux, avec du matériel de qualité. Vous y rencontrerez des doux rêveurs, des artistes, des passionnés, des utilitaristes, bref des vrais gens !

Et vous finirez même – peut être – par y concevoir une future activité professionnelle !! Pour un article plus détaillé voyez celui-ci : Fabrique de (deux)mains

Un groupement de commande avec vos habitants

Plusieurs listes, pétries d’idées collectivistes, ont avancé l’idée de mutuelles municipales. Petite précision, il ne s’agit pas pour les municipalités de se substituer aux mutuelles mais de mutualiser les besoins pour obtenir, par effet de masse, des remises sur les frais de mutuelle.

C’est une excellente idée, d’autant plus sympathique que le nombre potentiel des intéressés est grand. Récupérer 2 ou 3.000 clients d’un coup fait orgasmer tout assureur qui se respecte, profitez-en.

Mais pourquoi s’arrêter là ?

Bien que solide carcan de la commande publique, le code du même non recèle en son sein pulpeux (ou non, selon les préférences) un petit trésor, l’article 8 – I – 4° (pour être précis) qui dit ceci :

Des groupements de commandes peuvent être constitués : […] Entre une ou plusieurs personnes publiques mentionnées aux 1° et 2° (ie Collectivités) ci-dessus et une ou plusieurs personnes morales de droit privé.

Autrement présenté, le code des marchés publics permet à une collectivité de se grouper avec une ou plusieurs associations et faire bénéficier celle-ci (et donc ses membres) des prix consentis par les prestataires.

Un petit exemple ? Des couches pampers 30% moins chères, du lait infantile 40% moins cher, des fournitures scolaires 50% moins cher, des abonnements téléphoniques moitié prix…

Alors trouvez la bonne association, regroupez les besoins et hop, faites profiter vos administrés des prix non publics dont vous bénéficiez.

Et la grande distribution dans tout ça ? Pas sûr que cela plaise outre mesure…

Le recours à un designer de service

Les collectivités dispensent des services, c’est entendu. Des services en partie substituables aux services d’entités privées, d’autres « obligatoires » ou réglementés.

Avec une passion peu commune, les tenants du SP défendent becs et ongles la spécificité de ces services. En faisant fausse route, car en suivant le fil d’un chemin depuis longtemps tracé ils oublient l’usager en cours de route.

Les services étant désormais la source première de revenus de notre belle nation, et de notre monde civilisé, les standards selon lesquels les sociétés privés produisent les services commerciaux deviennent malgré tout des référentiels à l’aune desquels les services publics sont évalués.

Pour réinstaller une démarche centrée utilisateurs, pourquoi ne pas proposer une mission longue à un designer de service qui apporterait une expertise et un oeil averti à un mode de production encore trop top-bottom.