Le syndrôme pas si néfaste de la page blanche

En plus d’organiser des Jeux Olympiques dont le budget final est une furieuse injure tant à la prévision budgétaire initiale qu’aux règles de la bonne gestion des deniers publics par temps de crise financière, nos amis anglo-saxons ont le sens de la formule.

« Path dependant ». Par cette courte expression, traduite en français par  dépendance au sentier , ils désignent toute la pesanteur de nos décisions passées dans les arbitrages, stratégiques, actuels. Le risque le plus évident étant « d’auto-générer des dynamiques auto-renforçantes » [Paul Pearson] de nature à induire des choix déviants de l’optimum.

A ce biais méthodologique nous pourrions choisir de répondre par la page blanche. Mais en avons nous réellement la volonté, et si tel était le cas, en avons nous encore le temps et les moyens ? La crise actuelle, nativement financière avant de ruisseler vers nos élaborations budgétaires, accélère le temps politique, et le sentiment d’urgence ressenti brouille nos capacités prospectives.

Notre administration territoriale est aujourd’hui obsolète. Obsolète car calquée sur un territoire dont les découpages sont historiquement contingents (départements, régions et même communes) et dont la pesanteur institutionnelle n’est pas au niveau de plasticité exigée pour faire face aux défis du monde liquide. Obsolète ne veut pas dire inefficace, car les trésors d’imagination et d’énergies déployés permettent à nos territoires de maintenir les services publics essentiels, et, tournée vers le monde, de maintenir une France pas encore totalement décrochée dans le concert international. (suite…)