Auriez vous résisté?

Auriez vous pu vous engager dans les forces libres?

Auriez vous pu risquer d’être pris, torturés, fusillés?

Auriez vous pu risquer de faire tuer votre famille, vos enfants, vos amis pour sauver un voisin?

Auriez vous pu risquer tout cela pour sauver un inconnu, qui aurait pu être un salaud?

Auriez vous pu lâcher votre vie pour vivre dans le maquis, pourchassés, traqués, fatigués?

Auriez vous pu faire le choix de la l’éreintante liberté quand le confort et la quiétude commandaient de regarder ailleurs tandis qu’ils scellaient les wagons en gare de Drancy?

Auriez vous pu être libre quand cette liberté se payait parfois du prix de votre sang?

Auriez vous pu agir avec principe et engagement au péril de ce que vous aviez longuement construit?

L’on ne peut jamais savoir mais cela rend encore plus admirable le choix fait par certains et plus détestable la voie prise par d’autres.

Jean Moulin est mort dans un train avec cette ironie du sort qui voudra que ce soit près de metz lui qui était né rue d’Alsace à Béziers.

Maurice Papon est mort dans son lit et « repose » désormais, la légion d’honneur au revers de sa veste, à Gretz-Armainvilliers.

Je ne saurai que trop vous conseiller de lire le commentaire laissé par Caton, il vaut le détour. C’est aussi pour cela que j’ai ouvert ce blog, parceque des anonymes peuvent mettre des mots mieux que vous ne le pourriez sur les choses qui touchent. Merci.

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Aucun commentaire

  1. Je pense que la question est mal posée.

    La famille Beaumanoir dans les Côtes du Nord qui a protégé une famille de Juifs sous l’occupation allemande, ne pensait sans doute pas prendre tant de risque. Pas plus que le Cahmbon-sur-Lignon. Le jeune ingénieur mécanicien de la Marine nationale qui a sauvé des dizaines de marins sous le feu des canons de 75 du Vietcong pensait se faire fusiller pour désobéissance au retour au camp de base. Lacombe Lucien est devenu milicien collabo par hasard.

    Le risque, ce n’est pas la question. La témérité n’est pas une valeur. Ce que l’on salue et qualifie de courage après coup, n’est parfois qu’inconscience voire lâcheté… Je sais, c’est choquant. Mais les exemples historiques abondent.

    Il y a certes des faits de résistance inouïs comme cet homme (j’ai oublié son nom) qui travaillait sur les chantiers des V1 en Normandie et traversait la France, se rendait en Suisse pour en transmettre les plans aux alliés. Tout seul. Sans organisation. Juste avec sa conviction. Au quotidien, c’était un monsieur quelconque, terne, sans histoire.

    C’est l’Autre qui décrète le héros. Ce sont les circonstances, le hasard, rarement les convictions, qui amènent à se transcender, à l’insu de son plein gré.

    Le risque ou le choix ? Le hasard ou la nécessité ? La conviction ou l’empathie ? Le fascisme et le nazisme s’annoncent et s’imposent. La résistance se constate et ne se décrète pas. Il faut parler aux grands-pères, leur demander à quoi riment ces citations, ces médailles de bravoure et de courage. Nombre vous diront : j’étais mort de trouille.

    Et c’est ça, qui fait espérer dans l’humanité, dans ce qu’elle a de bon et de génial : dans les moments les plus difficiles, on se trouve des ressources insoupçonnées pour combattre et défendre les valeurs fondamentales.

    il est tard. Il faut en reparer.

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