CMS de collectivités locales, et les utilisateurs dans tout ça?

Un site internet est une vitrine, un hub, un portail, bref un couteau suisse. Oui mais un couteau suisse qui n’est pas là pour amuser la galerie mais faire droit à ses destinataires d’obtenir une information, une connexion pertinente. Et qui dit pertinence dit adéquation des objectifs aux enjeux (oui c’est dans Martine fait de l’évaluation es politiques publiques). Après avoir vu les bonnes pratiques, voilà le concret du projet.

Quels sont donc les enjeux auxquels sont confrontés les collectivités ? Et bien tous ceux que veulent bien projeter les utilisateurs finaux.

D’une information basique (les horaires de la piscine, toujours en bonne place) à une demande d’interaction plus poussée (demande de RDV ou démarche administrative faite en ligne), la collectivité ne peut se permettre de louper ses cibles. Oui, ses cibles, pas sa cible. Car il y a autant d’utilisateurs que de façon d’accéder à un site internet. Plusieurs choses induisent cependant une réponse distinctive:

  1. la connaissance de la collectivité, sa logique étant connue dès lors qu’elle transpire souvent dans les plaquettes et autres publications à la ligne éditoriale bien définie
  2. la connaissance de l’environnement des collectivités : l’information est souvent structurée autour des missions des collectivités
  3. l’appropriation des conventions du web autour desquelles sont construits les sites de collectivités lorsque les élus ne se piquent pas d’y mettre le nez
  4. la fréquence de visite, la mémoire sensorielle induisant un accès plus rapide une fois la logique du site acquise

Petit tour dans le beau monde des CMS de collectivité locale. (suite…)

Objets trouvés ou la cohérence perdue

Objets trouvés ou la cohérence perdue

Un objet trouvé, rien de plus banal. Bien évidemment le bestiaire des objets trouvés relativise clairement ce court prolégomène : du porte feuille au chameau, du bikini à la guitare, du petit livre rouge à une bible reliée, rien ne manque dans ces lieux où s’expriment toutes les lumières de l’innovation et de la créativité humaine.

Mais où veux tu en venir mon grand allez vous me dire avec cette familiarité propre aux relations anonymes qui nous unissent, oui vous et moi.

Et bien des objets trouvés ce sont initialement des objets non perdus, puis perdus, puis retrouvés et enfin, potentiellement, remis à leur propriétaires ivres de reconnaissance parce que « vous comprenez ce châle c’est ma grand mère décédée qui me l’a offert lorsque j’ai perdu ma troisième dent de rhum, oui ma dent de rhum c’est celle que j’ai perdue en me cognant la gueule après être rentré complètement déboîté d’une soirée…. ».

Bref. Un objet trouvé, c’est un objet en espérance de gestion. Juridiquement, un objet trouvé c’est aussi un bien un peu particulier, aussi appelé « Trésor » sans que cela n’ait rien à voir avec un certain bien précieux, fût-il pendu au cou d’un homme de petite taille et faisant l’objet de la convoitise d’un être difforme mangeant du poisson cru mais je m’égare. Ce bien voit sa propriété entière transférée au bout de 30 ans vers celui qui rentre en sa possession, l’inventeur (celui qui le trouve). Bref, un objet trouvé cela se gère.

Et qui s’y colle ? Dans l’imaginaire collectif, la police. BIIIIIIP. Faux ! Enfin, partiellement juste. Tout d’abord en raison du réflexe atavique qui fait déposer les objets trouvés auprès de nos charmants amis habillés en bleu. Ensuite, petit malin, parce que les gentils officiers de maintien de l’ordre public viennent aimablement déposer ces objets auprès des mairies.

Et oui. Car comme un certain nombre de domaines, les collectivités locales se substituent à l’État pour gérer les choses. L’origine de ce transfert se trouve dans une annexe I de la loi 95-73 du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité. Que dit ce texte ?

Par ailleurs, les textes réglementaires et les instructions appropriées vont être mis au point afin de faire en sorte que les maires et les services communaux assurent effectivement la charge du dépôt des objets trouvés et celle du recueil des déclarations de pertes de documents

Assurer une charge les collectivités commencent à savoir faire, surtout par délégation de l’État. Vous allez me dire que cela n’est pas bien violent et qu’au moins cela occupera les fonctionnaires territoriaux, qui comme tout le monde le sait en lisant Le Point, sont des feignasses doublés d’incompétents.

Il appartient donc aux collectivités de régler par leurs décisions (des arrêtés de police du maire) le régime applicable à la gestion de ces biens, leurs modalités de conservation et leurs devenirs à l’issu des délais de garde. Et alors, que deviennent-ils ces objets perdus-trouvés-non réclamés? Des biens sans maître selon les termes de l’article 713 du code civil. Oui mais voilà, le code civil n’est pas le seul à traiter de ces petites choses de la vie dont l’étourderie du propriétaire les a fait choir sur le domaine public.

Le code général de la propriété des personnes publiques (CG3P pour les intimes) entend définir les modalités d’acquisition applicables aux biens immobiliers. Une réponse ministérielle enfonce les portes ouvertes sans répondre réellement à la question posée, laissant pantois l’honorable parlementaire et dans l’expectative toutes les collectivités.

Pour résumer, en l’état du droit il semble possible de dire que les biens meubles relèvent toujours de la loi générale, à savoir l’article 713 du code civil, et donc que les biens sans maître sont acquis au profit des communes.

Nous n’en perdrions pas la cohérence si l’habitude des communes ne les portait pas à confier les biens non réclamés au service des domaines pour vente publique au bénéfice de l’État ! Et oui car une ordonnance royale du 23 mai 1830, semble prescrire la vente publique par les Domaines des objets abandonnés ou perdus.

Hélas, avec une belle régularité (ou un aveuglement un peu coupable) les collectivités locales remettent à l’administration des domaines ces biens, après en avoir désormais assumé la gestion. Quelques unes, audacieuses ou rebelles, commencent à mettre aux enchères ces biens.

Grand bien leur fasse puisque :

1) l’ordonnance ne semble valoir que pour les objets remis à la préfecture de Paris

2) cette ordonnance n’a jamais été imprimée si l’on en croit un exemplaire du Journal des Conseils de fabriques: des curés, desservants, vicaires..

Encore fallait-il avoir un minimum de curiosité pour aller découvrir tout cela.

Soyons cohérents, on gère, on vend.

Les marchés publics, une intégration salvatrice

La commande publique est un domaine dans lequel font fortune les précis et les juristes, ceux d’entre eux qui peuvent prétendre aux deux qualités excellant comme vous l’aurez deviné.

Pourquoi la commande publique me direz vous ? Et bien parce qu’un sou est un sou, et plus précisément un sou public, dans le jargon, un denier. La dépense exposée pour répondre à un besoin de l’administration nécessaire à la mise en oeuvre d’une politique publique relève donc d’un souci de bonne gestion, quoique le respect strict des règles n’emporte pas brevet de bonne gestion, lequel s’incarne dans la mise en concurrence.

Il est assez commun de dire que la commande publique rend plus onéreuse l’acquisition de biens, c’est en général faux, sauf pour un secteur important, les travaux. Si l’administration paye ses forfaits téléphoniques (2h) 2.43€, elle acquitte en général près de 3.000€/m2 pour la construction d’un équipement. Vous avez bien lu, 3.000€ quand les promoteurs immobiliers actuels sortent, en région IDF, des programmes BBC à ce prix là, marge comprise. C’était le petit mot qui fait plaisir, nos chères entreprises de BTP se faisant très largement plaisir lorsqu’elles répondent à un marché public. Vous objecterez qu’il faudrait être le dernier des zozos pour retenir un pareil contractant, ce à quoi je vous répondrais que nous n’avons pas le choix.

Car voyez vous, quand bien même cela se fait rare, nous faisons parfois de singulières découvertes à l’ouverture des offres. La meilleure étant évidement l’exacte similitude sur un poste (ensemble agrégé et cohérent de prix par sous domaine technique) de deux offres financières alors que ce sous ensemble est la somme de 90 lignes de prix dans un BPU (Bordereau des prix unitaires). Au centime près. Il parait que l’on appelle cela l’entente dont personne ne dit qu’elle n’est pas cordiale.

 Bref, tout ça pour dire que la commande publique est désormais une affaire de spécialistes, juridiques, financiers et techniques, connaissant le domaine concerné par un achat ou, à minima, ayant des connexions sûres à certains acteurs du domaine.

D’où l’intérêt à intégrer la fonction achat et la fonction juridico-financière au sein d’une même entité. Il faut naturellement veiller à associer les aspects techniques tout en maîtrisant les « excroissances de sociabilité » habituellement rencontrées dans le cadre des marchés de travaux. Pour le bien de tous et pour la bonne gestion des deniers publics. Un sacerdoce parfois, mais une exigence sans cesse renouvelée.

Je ne dis pas que le champagne ne doit pas couler à Noël, juste qu’un bouteille suffit et qu’il est un peu déplacé de ramener une caisse entière d’une visite à Reims offerte par un prestataire. Il est en effet plus difficile d’évaluer une prestation lorsque l’évalué vous tape sur l’épaule en vous donnant du « copain ».

Fabrique de de(ux)main(s), projet citoyen?

La Ville de Saint-Ouen l’Aumône, par l’intermédiaire de sa municipalité à laquelle j’appartiens, envisage la création d’une maison de l’environnement, promesse électorale. Et malgré ce que l’on peut penser des promesses électorales, il n’est peut être pas inutile de se pencher sur ce que pourrait être une maison de l’environnement, et disons le déjà, tenter d’élargir le programme au nom de la cohérence de la démarche.

Qu’est-ce donc qu’une maison de l’environnement? Basiquement une structure au sein de laquelle une entité publique ou privée promeut par ses animations, ses installations et ses formations, l’environnement, c’est à dire la connaissance, la promotion et la préservation du milieu naturel dans lequel nous évoluons.

Imaginons maintenant que nous passions du concept d’environnement à celui de développement durable, très à la mode mais qui a le mérite d’inclure dans la réflexion les thèmes de l’économie et du social, non pas dans une acception isolée mais en complément de la prise en compte de l’environnement. Pour synthétiser ce qu’est le développement durable, notamment au coeur des démarches d’agenda 21, une image ((merci à Metz Métropole pour l’illustration)) vaut mieux que 1000 mots.

Schéma de développement durableNous voilà donc dans une réflexion qui dépasse le cadre environnemental pour le réfléchir dans une logique d’éco-système, plus cohérente puisque qu’elle tient compte d’autres facteurs de contextes pour livrer une conception « intégrée » de la notion d’environnement.

Quelles répercussion cela peut-il bien avoir sur le « projet » ? Tout d’abord précisons la localisation et la matière première de celui-ci : Une bâtisse de 400m² située quai de l’écluse, au 45, dans un bien piètre état, sise sur un terrain d’assise de 2500m² et accompagnée dans sa partie latérale par une « longère » d’environ 600 m² (300 sur chaque étage).

Dans un premier temps nous pourrions (et c’est le contenu d’une proposition du groupe vert du projet actuel) envisager les fonctionnalités suivantes:

  • Un espace adaptable pour les expositions débats et conférences
  • Un ou plusieurs espaces dédiés à des associations locales, départementales et nationales
  • Une salle atelier scientifique à vocation pédagogique, avec des équipements modulables en lien avec les technologies multimédia
  • Une salle de stockage matériel et archives
  • Un bureau pour le gestionnaire du site.
  • Création d’un jardin et potager pédagogique et biologique dont la production est valorisée et en lien avec la conserverie voisine.

  • Installation de ruches et production de miel par une association ou un apiculteur local,

  • et/ou création d’un mini-jardin « remarquable » géré par les jardiniers de la commune et mettant en valeur leur savoir-faire.

Une telle structure ne vit en effet que par la grâce et l’implication d’associations et les aider relève du devoir de la municipalité, dans son financement mais aussi dans sa logistique.

Si l’on dépasse pourtant le seul aspect environnemental pour nous engager dans une démarche plus large, voilà ce que je rajouterais volontiers à ce programme.

Un lieu commun de bricolage ?

La structure urbaine de SOA, mixte entre pavillonnaire et grands ensembles, laisse peu de place au bricolage pour les habitants des collectifs. C’est pourtant l’une des activité favorite des français si l’on considère le chiffre d’affaire annuel généré par cette branche d’activité ((Entre 20 et 25 milliards par an selon les sources)), et la floraison des magasines ((Dont le cultissime Maison & Travaux)) qui garnissent les rayons des libraires et des stages disponibles sur internet. Une table, une chaise, une étagère, des échardes et la satisfaction d’avoir fait quelque chose de ses mains, étonnante et anachronique satisfaction si l’on considère l’attrait des professions de l’intellect dans une société de service.

La ville dispose déjà de LCR, lieu commun de réunion, mais pas de LCB, lieu commun de bricolage. Cette activité est pourtant l’une de celles qui favorisent l’acquisition de compétence par la pratique. Et qui dit pratique dit possibilité de progresser au contact d’autres pratiquants. Et l’on retrouve alors la notion de solidarité et de partage.

Cette idée de LCB n’est pas vierge de toute expériences, principalement documentées aux États-Unis, sous le pseudo de Makerplace, hackspace (à visée plus informatique),  de DIYplace (Do it yourself, faites le vous même) ou de FabLab (fabrication laboratory). Quelques exemples existent aussi en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne, en Angleterre, ou en Nouvelle-Zélande

Ces expériences arrivent en France, et se fédèrent, mais ne se limitent pas à la seule dimension du bricolage (comme dans les exemples précités) mais se double d’une véritable recherche de débouché économique. Autrement dit ces lieux sont tout à la fois des espaces de partage, d’apprentissage, de facilitation du prototypage pour les artistes ou les designers, de rencontre de créateurs potentiels, de foisonnement innovant.

La carte de l’innovation est déformée par la densité. Un lieu qui concentre les potentiels complémentaires, qui favorise l’expression de ces potentiels, qui offre un tremplin pour une démarche économique remplit clairement les pré-requis de solidarité, de partage qu’implique le développement durable. Quand ce bouillonnement trouve à s’inscrire dans un espace qui promeut le respect de l’environnement, il y a fort à parier que l’innovation qui émergera contiendra une bonne dose de vert, qu’il s’agisse d’innovation directement liée à l’environnement ou de façon plus connexe par la voie de l’utilisation du recyclage pour bricoler, fabriquer, partager.

Un nom pour ce lieu atypique?

Pourquoi pas « La Fabrique de De(ux)Main(s) »

Sites internets de collectivités locales, conseils et bonnes pratiques (1/3)

Les sites de collectivités locales évoluent, c’est un fait indéniable. A la recherche tout à la fois d’une meilleure visibilité et d’une plus grande proximité avec le citoyen, les collectivités ne rechignent en général pas à transformer une citrouille en carrosse, loupant toutefois parfois clairement la cible.

A l’heure où l’on se gargarise d’administration 2.0 à la suite de NKM, d’Opendata sur le modèle US, sur le net, vous ne trouverez pas beaucoup d’articles détaillant le pourquoi du comment des sites de communes, de départements ou de régions.Pourquoi? Aucune idée. Ce long article, sans prétention, est donc une manière de faire le point sur l’évolution actuelle et de préconiser, sur la base de ma propre vision (oulalalla l’égo du gars), quelques idées force comme on dit dans les cabinets de conseil. Et comme je suis décidément d’une mansuétude bien supérieure à la moyenne, on terminera par un aperçu des bons exemples !!

Le CMS, ABC de la survie en milieu internet

Rares sont les collectivités à oser le développement en interne de leur site, et pourtant la grande majorité s’appuient désormais sur des outils ou briques logicielles principalement issues du monde de l’OpenSource. Grand vainqueur pour l’instant me semble t-il ((Sur les 96 sites de Conseils généraux, nous avons pu identifier l’outil utilisé sur 79 d’entre eux, et Typo 3 est utilisé 14 fois, soit 18% du temps))  Typo3 est un CMS (content management system ou système de gestion du contenu) plutôt aride à l’utilisation, dont les fonctionnalités de publication sont étendues. En challenger depuis son adoption par la Maison Blanche, Drupal ((5 occurrences à notre connaissance dans les CG)) connait un succès grandissant, tandis que WordPress, malgré sa malléabilité est encore un peu en retard, la faute à une orientation CMS encore à parfaire (mais est-ce la bonne voie?) et une gestion des rôles à améliorer. Ez-Publish, moins connu est aussi très utilisé. ((10 occurrences soit 12% des sites – 2ème position))

Tous ces outils ne sont que des outils, et la flexibilité graphique qui les accompagne est à la fois une merveilleuse opportunité et un fantastique piège.

Une opportunité car comme le disent nos amis britons « sky is the limit », un piège car parallèlement, en matière de site web, le plus est bien souvent l’ennemi du bien. A oublier les 4 ou 5 principes d’un bon site, nombreuses sont les collectivités à tomber dans les affres du syndrome « jeveuxtoutmettremêmesic’esthorriblementchargéettotalementinutilisable ».

Principes de base à respecter lors de la création d’un site

Quels sont ces principes de base? Les voilà révélés à vos yeux ébahis:

  1. Tu ordonneras et hiérarchiseras ton contenu
  2. Tu te placeras du point de vue de l’utilisateur
  3. Tu privilégieras le fonctionnel
  4. Tu multiplieras les points d’accès
  5. Tu feras le plus simple possible

Hiérarchiser et ordonner son contenu

Le principal défaut que l’on rencontre sur les sites institutionnels qui ont fait le choix du grand toilettage, c’est principalement celui de l’absence de hiérarchisation de l’information. La confusion visuelle qui émane de certains portails est en effet tel que le regard se perd avant de trouver un raccourci que jamais il ne trouva/trouvera.

L’extrême souplesse ou modularité des squelettes HTML5/CSS3 dans lesquels sont injectés des requêtes php est en effet de nature à provoquer l’envie irrésistible de tout mettre.

Non pas que cela soit impossible, mais encore faut-il clairement identifier ce qui relève de l’indispensable du superflu. Une digression sur ce thème pour rappeler que malgré l’omniscience de nos élus, caste d’élite à laquelle j’appartiens, la hiérarchisation de l’information ne dépend pas uniquement de leurs souhaits.

Dans une architecture classique, ancienne, figée, le choix d’une information en première page marquait son importance pour le politique et la pratique web des utilisateurs des sites de collectivité, plus flâneurs que chercheurs, accompagnait gentiment cet état de fait.

Avec l’évolution sensible des pratiques web, sous l’influence majeure des moteurs de recherche, et la substitution quasi générale de l’internet comme source d’information, la logique des premiers n’est plus nécessairement celle des seconds.

Tandis que certains élus un peu old school considèrent le site internet de la collectivité comme une vitrine supplémentaire où faire valoir leur action, nécessairement brillante et parcimonieuse dans l’utilisation des fonds publics, les habitants cherchent généralement une information pratique.

La notion de point d’entrée devient par conséquent essentielle. A chacun la sienne: adulte, enfant, senior, nouveaux habitants, entreprise. La structure administrative même de la collectivité fond devant cette demande en ce sens que la transcription de l’organisation interne dans les menus d’accès devient un marqueur flagrant d’incompréhension des attentes citoyennes. Les menus voyant actuellement fleurir des « cadre de vie », « sport et culture », « social », on peut estimer que le pli est en voie d’amidonnage dans les cerveau de mes collègues.

Et le design dans tout ça?

Le design d’un site Web n’est pas affaire de goût. Quel goût ? Celui des uns ? Celui des autres ? Le goût est personnel et subjectif : le goût universel n’existe pas.
Le design est avant tout la première fonctionnalité d’un site internet, celle qui permet au visiteur de comprendre immédiatement comment votre site est organisé et de trouver ce qu’il cherche.
Un bon design ordonne son contenu.
Un bon design met en valeur ce contenu.
Un bon design est fonctionnel : il aide l’internaute à trouver ce qu’il cherche.
Un bon design est intuitif : il ne doit pas faire réfléchir.
Un bon design est adapté aux attentes de ses visiteurs.
Un bon design s’adapte à la configuration de la machine du visiteur.
Un bon design se distingue dans ses moindres détails.
Un bon design est discret.
Un bon design est innovant : il ne peut pas forcément plaire mais il doit être original.
Un bon design est un design qui ne plombe pas la vitesse d’affichage.
Un bon design est durable.
Un bon design sert le référencement.

Une fois que vous avez mis une pincée de tout cela dans votre marmite à potion magique, le résultat est plus ou moins probant selon votre talent et celui non moins nécessaire de l’agence multimédia qui vous appuie.

La suite dans le prochain épisode !

Enfin un coffre fort électronique pour les PME

Au cœur des 80 mesures annoncées comme une révolution par l’ineffable F.Lefebvre, la création d’un coffre-fort électronique dans lequel les entreprises seraient susceptibles de venir déposer les différentes attestations qu’elles doivent produire dans le cadre des marchés publics. Allélouia suis-je tenté de dire.

Tout d’abord parce que j’avais évoqué l’idée dans un post voilà déjà plus de 3 ans.

Ensuite parce que j’avais évoqué l’idée lors d’une AG de l’AACP devant le grand gourou des marchés publics de l’époque, Jérome Grand D’esnon. Il y a 5 ans.

Il était temps. Une remarque toutefois: il s’agit encore pour les entreprises de déposer elles-même leurs attestations alors que le véritable progrès serait d’automatiser le dépôt desdites attestations par les administrations concernées. On peut même imaginer l’extension de ce service aux agences certificatrices lorsque les entreprises se prévalent de Label et autres certificats de capacité.

Dans l’autre sens, pour faciliter le travail des collectivités et dans un élan d’économie 2.0, la possibilité pour les collectivités ou services de l’État de laisser des commentaires sur la façon de servir de l’entreprise serait aussi intéressante. Mais quelque chose me dit que les entreprises seront moins réceptives à cette démarche.