Unforgettable, la série à oublier

Unforgettable, la série à oublier

Je viens de tomber par hasard sur une série que je ne connaissais pas, et dont je vais très rapidement oublier l’existence, mais pas sans vous faire partager le grand moment que constitue la scène finale de l’épisode. Le pitch ? Poppy se souvient toujours de tout, elle ne perd jamais ses clés et elle peut même se déplacer mentalement dans la scène qu’elle désire revoir. Cela donne l’occasion au responsable de la post-prod de se faire plaisir à facturer des incrustations qui ne servent à rien et aux fans de se pâmer doublement devant Poppy la rousse.

La voilà donc dans de trépidantes aventures, armée de sa seule mémoire et de sa plastique avantageuse.

(suite…)

De l’insondable complexité de l’âme humaine appliquée au sandwich en triangle

Prenez deux tranches de pain complet, c’est meilleur pour la santé, une tomate, préférez les « andines cornues » charnues, goûteuses et pas aqueuses comme les tomates espagnoles de milieu d’hiver, quelques rondelles d’oignons, une tranche de jambon, de Bayonne tant qu’à faire, un beurre demi-sel et une tranche de salade.

Vous voilà fin prêt(e) pour composer un sandwich équilibré, savoureux et pratique à emporter.

Si vous n’avez pas le temps de la slow food, empoignez 3.45€ et tendez les à votre caissière préférée. Si vous n’aimez pas les gens, vous pouvez aussi choisir ces anonymes caisses enregistreuses à scan manuel lesquelles ne vous gratifieront pas de ce regard plein de jugement qui dit « des calories, direct dans la bedaine mon bon monsieur ».

Jusque là vous pouvez imaginer que l’insondable complexité de l’âme humaine n’est que difficilement palpable et vous êtes légitimement en train de songer à vous faire rembourser votre venue sur ce site. Lequel est d’accès gratuit, ne pleurez pas, le client est roi mais rien ne lui sera remboursé sur ce coup là.

Bref.

Jeudi midi, ligne H en direction de Pontoise, un homme pose son séant sur la banquette confortable d’un petit gris, juste en face de moi. Dans sa main, un sandwich triangle dans sa petite boite plastique. La civilisation part peut être en cacahouète mais l’occident chrétien a quand même produit ce modèle de praticité qu’est le sandwich triangle dans sa boite plastique. Une opercule à soulever, une saisie simplifiée par la densité dudit triangle, la sauce faisant habituellement office de ciment à la chaux entre la tranche de jambon et le morceau de gruyère, et même une assiette ramasse miette en forme de triangle (la boite).

Que pensez vous qu’il advint ?

Le monsieur, d’un certain âge mais pas assez âgé pour laisser deviner les premiers stigmates d’un alhzeimer précoce, ouvre l’opercule à moitié. Vous me direz qu’il fait preuve d’une prudence peu commune, si le jambon était encore vivant, cela limite fort raisonnablement le risque de se voir étouffer par une attaque fulgurante.

Mais si les concepteurs de la boite en plastique – dont on devine qu’ils sont des excellents designers de produit – ont prévu une ouverture totale, c’est à l’évidence qu’il est extrêmement complexe de sortir un sandwich en entier d’une ouverture encore à moitié condamnée.

Ce gentil monsieur – qui commençait sérieusement à m’intriguer – s’évertua pourtant à tenter d’extraire son sandwich par ladite demi-ouverture et n’arriva malgré tous ses louables efforts, qu’à le mettre en pièce, se collant de la mayonnaise partout sur les doigts et s’essuyant ensuite dans sa chemise.

Loin de moi l’idée de juger négativement la constance et la générosité dans l’effort dont a fait preuve mon voisin, je trouve particulièrement estimable le fait de ne pas se décourager.

Mais entre nous, par quels détours sournois de l’esprit en est-on arrivé à une situation où un objet-aliment prévu pour être le summum du pratique s’est retrouvé, avec méthode et acharnement, détourné de sa destinée pour finalement se voir privé de son essence même ? Son essence étant d’être pratique, pour le conatus gustatif vous auriez choisi le sandwich « home made » au Bayonne. Ce qui ne dit pas si Spinoza aurait préféré le Bayonne ou le Parme.

Jacques Seguela, le Flik Flak de la réflexion intellectuelle

Je vous demanderais un peu d’attention pour que l’essence de ce message ne se perde pas dans les brouhahas et les piaillements de journalistes en goguette.

Au nom de Monsieur Jacques Séguela, éminent communicant, prince du marketing, Duc de la retape, Saint Patron des camelots, je souhaite apporter la précision suivante:

Lorsque Monsieur Séguela, loué soit son imagination comparable à la seule immensité galactique, déclare

« Le net est la pire saloperie que l’homme ait inventée »

il fallait bien entendu entendre

« Au delà de la bombe H, du napalm, de la pédopornographie, des sacrifices humains, de la torture, de la guerre, de la destruction d’espèces menacées, des camps de concentration, de la Fiat multipla première génération et du lait concentré à la vanille, le net est la pire saloperie que l’homme ait inventée »

J’adresse toutes mes excuses aux esprits lents et clairsemés, perdus par la concision fulgurante de la déclaration de son éminence Jacques « the oyster » Séguela. Nous ne pouvions imaginer que la subtilité de l’élipse ne serait pas perçue par les âmes les plus frustres que compte ce merveilleux pays que l’on nomme Leclercland France, pardon.

Amitiés du conseil de la force tranquille

Cumul mon amour, nous devons nous séparer

C’est une proposition de loi qui est un peu l’arlésienne des dernières mandatures. Une proposition déposée sur le bureau de l’assemblée nationale le 11 juin dernier et renvoyée à la la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la république visant à limiter le cumul des mandats. Avec cette fois-ci une petite amélioration puisque cette incompatibilité (ajoutée au code électoral) inclut aussi les exécutifs des établissements de coopération intercommunale.

Cela va dans le sens de l’histoire administrative puisque ces entités vont à terme se voir reconnaitre sinon le statut de collectivité territoriale, sinon celui de récipiendaire de l’onction du suffrage universel direct. C’est le sens de la proposition de « l’aiguillage » vers les conseils communautaires, c’est le sens des futures « métropoles » de l’avant projet de loi dit « Marleix » (APLM).

Ce qui est particulièrement intéressant, à double titre, c’est la coexistence sur la liste des signataires de députés UMP et PC, d’élus concernés par la mesure (telle MJ Roig, la député maire d’Avignon, présidente de la CA) et de non susceptibles d’abandonner un mandat. Signe avant courreur peut être que les mentalités changent.

A défaut d’être inutilement naïfs il ne faudra pas imaginer qu’une telle mesure puisse être adoptée sans être accompagnée d’une réelle réflexion sur le statut des élus locaux, question abordée par l’APLM. Les indemnités seront revues, la formation améliorée (bien que restant à mon sens parfaitement insuffisante), la fin de mandat prévue.

Que les choses soient bien claires, c’est à ce prix qu’émergera une nouvelle génération de dirigeants politiques. Les primes au sortant, les modalités de désignation actuelles et l’investissement demandé au regard des indemnités versées agissent comme des repoussoirs au renouvellement. Sans vouloir mettre en doute la capacité de nos aînés à « sentir » la société, il y a fort à parier que la démarche volontariste de redonner aux assemblées élues un semblant de corrélation avec la structure démographique et sociologique de notre pays n’aurait pas que des mauvais côtés.

Merci à François Lafite pour m’avoir laissé utiliser ses photos de l’assemblée. Je vous engage à visiter son portfolio Flickr, tout simplement magnifique.

Lettre ouverte au Président de la République

Lettre ouverte au président de la république

Monsieur le Président,

J’apprends par la presse du jour que votre ministre Brice Hortefeux a été élu à l’occasion des élections européennes du 7 juin 2009. Je vous prie de bien vouloir lui transmettre mes plus vives félicitations.

Son engagement européen récent sera précieux pour porter une idée sociale et écologique forte à Strasbourg, selon les engagements pris par votre parti, et pour lesquels les Français dans leur grande clairvoyance vous ont très largement donné mandat.

Un doute m’étreins toutefois au moment d’écrire ces lignes. Je lis dans la même presse que la France pourrait se passer des services de M.Hortefeux dans cet hémicycle. Je ne puis croire Monsieur le Président à pareil désinformation.

Si d’aventure M.Hortefeux s’est présenté au suffrage des électeurs de cette belle région centre, et que ceux-ci ont estimé, à juste titre, qu’il serait pertinent pour la France d’envoyer loin de nos yeux mais jamais loin nos coeurs une telle compétence, comment pourrait-on aujourd’hui désavouer à ce point le suffrage universel?

Si je ne doute pas que M.Hortefeux soit l’une des plus habiles personnalités politiques de votre gouvernement, j’avais cru comprendre, selon vos propres termes, qu’il existait un engagement moral à investir pleinement le mandat européen. Or, vous n’êtes pas sans ignorer le mal terrible qui ronge la chair de la démocratie, la perte de confiance, et son symptôme le plus visible et le plus corrosif, l’abstention.

Permettez moi, Monsieur le Président, de ne pouvoir imaginer que vous puissiez, en toute connaissance de cause, permettre que l’on agite ainsi sous les museaux friands de turpitudes des journalistes et des donneurs de leçon de la gauche rose pâle et rouge sang, le foulard rouge du mensonge déguisé.

Merci par avance Monsieur le Président de détromper tous ces vautours rependant leurs billevesées dans des torchons salissant le nom de la libération ou déshonorant l’oeuvre sublime de Monsieur de Beaumarchais. Vous pointerez à n’en pas douter votre doigt comminatoire sur ces oiseaux de mauvais augure. L’Europe à besoin de Monsieur Brice !

Puis-je enfin vous demander de transmettre mes amitiés aux petites mains besogneuses qui répondront à ce courrier ainsi qu’à votre callipyge épouse, qui prouve chaque jour que l’élégance française n’est pas morte avec Coco Chanel.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à ma bien sincère considération.

Capitalisme et hernie lombaire

On croirait le nom d’un courant chez les Verts non? Suite de la discussion sur le capitalisme, qui déchaine les foules semble t-il, et ses alternatives possibles, souhaitables, imaginables.

La question que nous avions laissé en suspens de l’immanence d’un capitalisme financiarisé, mondialisé et liquidifié n’est pas encore tranchée, c’est bien dommage. Car dans l’empressement de certains, c’est bien la corrélation de ces trois facteurs qui aboutit aujourd’hui à une course folle en avant.

Par financiarisé il faut entendre dépendant des marchés financiers. Le capitalisme a de tous temps été financier, c’est même la base de la chose, si l’on veut bien ignorer les possibilités d’apport en industrie et en biens mobiliers et immobiliers. C’est pourtant lors de son passage dans le broyeur de la place boursière que tout s’emballe. (suite…)