Dire bravo pour les bébés c’est gentil mais ce n’est pas permis

Tiré des « 50 questions sur la Loi informatique et libertés » ce petit extrait, la question 31 :

Le maire peut-il utiliser le fichier d’état civil pour adresser félicitations ou condoléances ?
Non. Le maire, en tant que représentant de l’Etat, est responsable de la tenue des registres d’état civil dans sa commune. Les informations enregistrées par les services d’état civil à l’occasion de l’établissement ou de l’actualisation d’un acte ne peuvent être utilisées que pour l’accomplissement des missions dont sont investis les maires en leur qualité d’officier de l’état civil.
Elles ne peuvent donc pas être utilisées par les élus municipaux pour adresser des félicitations ou des condoléances.
Transmis à Axel Poniatowski qui trouve le moyen de récupérer nom, prénom, date de naissance et adresse des enfants nés à Pontoise pour leur adresser ses félicitations.

Geoffroy Didier ou la politique de la paramécie

La paramécie est une espèce unicellulaire dont on devine aisément que la réflexion n’est pas son fort. Geoffroy Didier est un jeune avocat conseiller de Brise-brune Hortefeux dont on devine aisément, à rebours de ladite paramécie, qu’il est doué d’une certaine capacité à arranger ensemble quelques bribes d’idées pour en faire un corpus compréhensible.

Par quel curieux détour de l’esprit ou facétie de la nature ce sémillant jeune homme, candidat UMP fantôme sur le canton de Gonesse, en arrive t-il à « commettre » un tract comme celui que les rieurs habitants du canton de Gonesse ont pu découvrir?

Que la transmission synaptique ait quelque mal à se faire dans un jeune esprit tourneboulé par la proximité ombrageuse et tutélaire d’un ancien ministre peu connu pour ses sympathies auvergnates est une chose. Mais que ce responsable départemental de la communication ne se doute pas des conséquences de son acte en est une autre.

La communication politique est inhérente à ce combat d’idées qui doit normalement prévaloir en période de campagne électorale pour la bonne raison qu’il est naturel de convaincre du bien fondé de ses propositions pour légitimement « briguer » un mandat et solliciter des suffrages. Toutefois, lorsque cette communication sollicite le quidam sur un mode « je fais peur, je suis la solution à cette peur », nous touchons aux limites du genre.

Sur ce tract figure donc ces quelques mots : Non aux minarets dans le Val d’Oise / Non à la burqa dans le Val d’Oise

Que voilà donc le sarrasin à nos portes qu’il faille un preux chevalier monté sur son destrier, tendant à bout de bras son fier étendard. En fait pas tout à fait puisque ledit chevalier blanc a « oublié » d’apposer son étendard UMP sur son torchon tract. On a le courage un peu limité chez les Didier.

Dans ce tract, rien qui ne touche directement aux compétences du Conseil général. Il faut dire que le jeune homme est déjà conseiller régional, fort occupé donc sauf à faire montre de la même parcimonie dans ses présences que dans ses réflexions,  nommé secrétaire national de l’UMP, porte parole de l’UMP 95, et qu’il ne semble pas réellement savoir où il va dans ce dossier, la faute semble t-il à ses multiples activités qui parasitent directement son implication sur le terrain.

Alors que faire? Lui dire tout notre mépris pour cette prise de position « immonde » selon les termes de Luc Broussy? Lui dire combien il serait plus adéquat de mettre sa matière grise au service d’un débat républicain et d’échanger sur des propositions concrètes pour le bien des Val d’Oisiens? L’ignorer superbement?

Le mieux, puisqu’il met à disposition des bonnes âmes son numéro de téléphone (06 19 96 53 80) c’est peut être de lui signifier directement notre désapprobation.

Dans ma prime jeunesse j’aurais fait en sorte de mettre ce même numéro sur les forums de rencontres histoire de pimenter un peu la vie terne et nimbée de peur des minarets de ce jeune homme croisement improbable d’élu local et de paramécie.

Quand Nicolas Sarkozy engrosse Marianne

Je suis d’accord, le titre est un peu racoleur mais il faut bien tenir la distance au regard des fuites de Wikileaks non?

Que vous vaut alors cette headline fracassante, cette entrée digne d’un combat des régions version M6? Et bien une question, posée innocemment par Simon Porcher, le taulier du blog Observatoire des idées. Avec la photo suivante, une seule question: Communication gouvernementale, qu’en pensez vous?

Vous imaginez bien qu’il m’est impossible de ne pas répondre aux questions d’une telle portée symbolique, ce serait manquer aux plus élémentaires devoirs du citoyens que sont le cynisme, la galéjade et l’amour de son prochain, surtout si celui-ci est un président de la République aux méthodes de concertation sociale assez singulières et à l’humeur fantasque.

Commençons donc par le symbole, Marianne, allégorie de la République depuis 1792 environ. Son bonnet phrygien est censé représenter l’esclave libérée, il est ici blanc comme neige et non rouge à l’instar des représentation traditionnelle.

Voilà donc Marianne enceinte et l’on nous fait comprendre à grand renfort de ventre bombé qu’elle porte en elle le futur de la France (Francette?), futur allégorique lui aussi , symbolisant tout le fruit de ces belles dépenses d’avenir que l’on nous demande de glorifier.

Admettons.

Mais l’ami Simon nous demande de réfléchir, et c’est là que tout se complique. Car si l’on veut bien aller au delà de l’acceptation du symbole par le truchement du seul instinct, voilà où me mène mon esprit malade.

  1. Marianne est tout de blanc vêtue
  2. Le blanc étant symbole de la pureté, nous est-il demandé de croire que sa grossesse serait oeuvre de cette joueuse d’immaculée conception?
  3. Ce concept étant purement religieux, et donc parfaitement incompatible avec la nature laïque de la République Française, l’oeuvre doit en être humaine.
  4. Le mâle dominant de la République n’étant pas du style à laisser sa place dès lors qu’il s’agit d’affirmer sa position, il me parait être le seul à même d’avoir assuré l’avenir de la France
  5. CQFD
  6. A moins bien sûr que l’on suggère d’un point de vue allégorique que notre président serait plus qu’un président, plus qu’un guide, un dieu laïque!!! Et cela permettrait de  sauver l’honneur de Marianne à défaut de rassurer sur la mégalomanie du donneur d’ordre de cette campagne…

Quoiqu’il en soit, à la réflexion, je préfèrerais y voir un raté de la communication gouvernementale plutôt que d’imaginer une Marianne telle que le flamboyant Dominique la voyait, cette femme frivole qui « a envie qu’on la prenne. Ça lui démange dans le bassin »

Cumul mon amour, nous devons nous séparer

C’est une proposition de loi qui est un peu l’arlésienne des dernières mandatures. Une proposition déposée sur le bureau de l’assemblée nationale le 11 juin dernier et renvoyée à la la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la république visant à limiter le cumul des mandats. Avec cette fois-ci une petite amélioration puisque cette incompatibilité (ajoutée au code électoral) inclut aussi les exécutifs des établissements de coopération intercommunale.

Cela va dans le sens de l’histoire administrative puisque ces entités vont à terme se voir reconnaitre sinon le statut de collectivité territoriale, sinon celui de récipiendaire de l’onction du suffrage universel direct. C’est le sens de la proposition de « l’aiguillage » vers les conseils communautaires, c’est le sens des futures « métropoles » de l’avant projet de loi dit « Marleix » (APLM).

Ce qui est particulièrement intéressant, à double titre, c’est la coexistence sur la liste des signataires de députés UMP et PC, d’élus concernés par la mesure (telle MJ Roig, la député maire d’Avignon, présidente de la CA) et de non susceptibles d’abandonner un mandat. Signe avant courreur peut être que les mentalités changent.

A défaut d’être inutilement naïfs il ne faudra pas imaginer qu’une telle mesure puisse être adoptée sans être accompagnée d’une réelle réflexion sur le statut des élus locaux, question abordée par l’APLM. Les indemnités seront revues, la formation améliorée (bien que restant à mon sens parfaitement insuffisante), la fin de mandat prévue.

Que les choses soient bien claires, c’est à ce prix qu’émergera une nouvelle génération de dirigeants politiques. Les primes au sortant, les modalités de désignation actuelles et l’investissement demandé au regard des indemnités versées agissent comme des repoussoirs au renouvellement. Sans vouloir mettre en doute la capacité de nos aînés à « sentir » la société, il y a fort à parier que la démarche volontariste de redonner aux assemblées élues un semblant de corrélation avec la structure démographique et sociologique de notre pays n’aurait pas que des mauvais côtés.

Merci à François Lafite pour m’avoir laissé utiliser ses photos de l’assemblée. Je vous engage à visiter son portfolio Flickr, tout simplement magnifique.

Lettre ouverte au Président de la République

Lettre ouverte au président de la république

Monsieur le Président,

J’apprends par la presse du jour que votre ministre Brice Hortefeux a été élu à l’occasion des élections européennes du 7 juin 2009. Je vous prie de bien vouloir lui transmettre mes plus vives félicitations.

Son engagement européen récent sera précieux pour porter une idée sociale et écologique forte à Strasbourg, selon les engagements pris par votre parti, et pour lesquels les Français dans leur grande clairvoyance vous ont très largement donné mandat.

Un doute m’étreins toutefois au moment d’écrire ces lignes. Je lis dans la même presse que la France pourrait se passer des services de M.Hortefeux dans cet hémicycle. Je ne puis croire Monsieur le Président à pareil désinformation.

Si d’aventure M.Hortefeux s’est présenté au suffrage des électeurs de cette belle région centre, et que ceux-ci ont estimé, à juste titre, qu’il serait pertinent pour la France d’envoyer loin de nos yeux mais jamais loin nos coeurs une telle compétence, comment pourrait-on aujourd’hui désavouer à ce point le suffrage universel?

Si je ne doute pas que M.Hortefeux soit l’une des plus habiles personnalités politiques de votre gouvernement, j’avais cru comprendre, selon vos propres termes, qu’il existait un engagement moral à investir pleinement le mandat européen. Or, vous n’êtes pas sans ignorer le mal terrible qui ronge la chair de la démocratie, la perte de confiance, et son symptôme le plus visible et le plus corrosif, l’abstention.

Permettez moi, Monsieur le Président, de ne pouvoir imaginer que vous puissiez, en toute connaissance de cause, permettre que l’on agite ainsi sous les museaux friands de turpitudes des journalistes et des donneurs de leçon de la gauche rose pâle et rouge sang, le foulard rouge du mensonge déguisé.

Merci par avance Monsieur le Président de détromper tous ces vautours rependant leurs billevesées dans des torchons salissant le nom de la libération ou déshonorant l’oeuvre sublime de Monsieur de Beaumarchais. Vous pointerez à n’en pas douter votre doigt comminatoire sur ces oiseaux de mauvais augure. L’Europe à besoin de Monsieur Brice !

Puis-je enfin vous demander de transmettre mes amitiés aux petites mains besogneuses qui répondront à ce courrier ainsi qu’à votre callipyge épouse, qui prouve chaque jour que l’élégance française n’est pas morte avec Coco Chanel.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à ma bien sincère considération.