J’emprunte volontairement à Antoine Jacques le titre qu’il donna en Octobre dernier à un article rédigé dans la revue Esprit ((Que vous pouvez consulter sur le site de la revue )) , article consacré à HEC.

Pourtant Nicolas Sarkozy n’a pas fait HEC. Pourtant le propos même de l’auteur semble coller à notre président comme un fourreau Prada sur le corps de sa présidente de femme. Sur le campus HEC ((bien peu sécurisé ces derniers temps)) les futurs élites de la nation économico-politique apprennent beaucoup de choses très intéressantes, mais ils assimilent surtout une attitude dont il ne se départiront plus.

L’auteur la surnomme « La réussite insouciante ». Qu’est ce donc que cette réussite qui n’appelle que peu d’efforts et qui rapporte si gros?

Tout d’abord c’est un cadre de vie. Coupés de toutes réalités pauvrogène, socialogène, nos überkids évoluent dans un cocon où ils composent leur enseignement assez librement, comme on picore les miettes sur une table.

Notre président n’agit pas autrement, choissisant ces thèmes d’action au gré des évènements, au gré de ses lubies, quand bien même une floppée d’experts lui confiraient toutes les réserves qu’ils nourrissent sur les mesures préconisées ((Crédits d’impôts sur les intérêts d’emprunt, mais aussi TVA sociale etc)) .

Pourtant comme les HECiens Nicolas ne reste pas inactif. Au contraire. Son énergie trouve à se canaliser dans les actions qu’il impulse comme les étudiants dans les associations auxquelles il convient naturellement de participer. Néanmoins à l’instar des futurs killers, le guide suprême ne prend guère le temps de se retourner pour apercevoir les résultats de ses actions. Trop occupé à aller de l’avant, persuadé que si l’on avance pas on tombe.

Sans véritable implication de longue durée (comment le pourrait-il lui qui tente de régler tous les problèmes de la France d’ici décembre?), dans une dynamique du toujours plus qu’il maniait déjà avec une belle maitrîse ((Plus d’une loi par an sur la question de la délinquance, c’est au mieux de l’hyperactivité, au pire le signe d’un manque de clairvoyance et de prévision)) , c’est la course en avant qui est devenu une méthode. La précipitation faite action, il faut bien avouer que c’est relativement inédit.

Chirac avait discrédité l’action politique en ne faisant rien, Mitterrand en la confinant à quelques mouvements d’échec bien sentis dans la plus belle veine machiavélique. Sarkozy lui fait, et fait savoir.

A tel point que l’on ne peut qu’émettre une question: Nicolas Sarkozy est-il John Doe, omniscient ou est-il un communicant?

Le principe n’est pas réellement de savoir mais de mettre les formes pour le faire croire. Notre président attrape l’actu au vol, assène quelques passements de jambes par dessus, et s’en débarrasse, charge aux ministres de mettre en oeuvre des décisions irréalisates ou inconsistantes.

L’inconsistance faite homme, il faut bien dire que pour un président, on n’avait vu ça qu’aux Etats-unis.

Une vision du monde tronquée par une fréquentation outrancièrement affichée des décideurs économiques, une méthode faite de faux-semblants et une attitude de nouveau riche, la formule gagnante…

Enfin pas gagnante-gagnante mais bon, vous l’avez voulu…