Laissez nous polluer, bande de technocrates!!!

Photo d'usine qui sent bonOui c’est un peu violent mais c’est le cri du coeur du Groupement des fédérations industrielles (GFI) lequel regroupe ces philantropes écologistes que sont les papetiers, les cimentiers, les raffineurs, les chimistes et les sidérurgistes.

Le Monde rapporte cette phrase pleine de bon sens et qui prononcée avec toute la douleur de l’enfant auquel on arrache son jouet ferait presque pleurer : »Nous sommes abasourdis ».

Je dois vous avouer que moi aussi je suis abasourdis par l’une des phrases rapportées (attention, éloignez les enfants sensibles et les vieux sujets à l’asthme) :

« Les délocalisations auxquelles nous pourrions être contraints ne seront pas un gain pour l’environnement, puisque le transport pour importer les matières génère un surcroît notable d’émissions. ». Nous remercions Anne Bernard-Gély, du Syndicat de l’industrie cimentière, pour cette merveille de menace sociale.

Vous aimiez les délocalisations « de confort » (pour paraphraser La Royal) ? Vous adorerez les délocalisations « de pollution ». Prochainement près de chez vous !

Mais arrêtons nous sur l’objet de leur courroux, la réduction des quotas d’émission de gaz à effet de serre. Bruxelles vient de refuser le plan français basé sur 155 millions de tonnes, ce sera donc 132.8, Oh rage Oh désespoir Oh Bruxelles ennemi, n’ai-je donc tant vécu que pour cette gaz-de-serre-éctomie (je sais ça rime difficilement et c’est pas facile à dire pas mais bon, tout le monde n’est pas Corneille non plus).

La directive européenne du 13 octobre 2003 a mis en place une sorte de « bourse » de la pollution. Pour des explications un peu plus poussées je vous conseille la fiche technique des Verts (courant Verts et rejets qui sentent pas bons).
Rapidement ça se passe comme ça : chaque état reçoit un quota annuel, c’est à dire qu’il a le droit de rejeter un certain nombre de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Les principales installations industrielles reçoivent des quotas de la part de l’Etat et complètent si besoin est en achetant des bons auprès d’autres industriels.

En effet si un établissement rejette moins que son quota, il pourra vendre cette différence sur le marché.

Alors quoi? Le père noyel français serait méchant avec les gentils pollueurs qui pourtant ont transmis en temps et en heure leur liste de cadeaux?

« Le plan français prévoit ainsi de distribuer 15 % de quotas en plus chaque année en 2005-2007 par rapport aux émissions de 2002, alors que les émissions des installations couvertes ont tendance à baisser, même sans politique climatique (moins 0,5 % par an depuis 1990 »

Diantre ! Non seulement les cadeaux sont tombés par dizaine de millions de tonnes, mais en plus les enfants ralent.

Car cerise sur le gâteau, ce système astucieux de « bourse à CO2 » doit permettre la réduction des émissions de gaz à effet de serre de manière économiquement efficace.

« Il s’agit de dépasser les contraintes pour en faire des opportunités de business » ((Joseph Hourlier, président de l’Association Technique Énergie Environnement (ATEE) de Champagne-Ardenne))

Hé ben tiens on va pas se priver. Surtout que la menace de la très gentille Anne Bernard-Gély (laisser moi polluer ou je me casse avec mes immobilisations sous le bras et je vous laisse le capital humain à gérér) signifie qu’il existe des lieux en europe plus « propices », où la pollution n’est pas un souci majeur. Le business n’a pas de nez et ne craint pas les maladies de peau ça tombe bien. Comme l’asthme n’est pas non plus son problème et que le traitement des cancers et autres joyeusetés fait fonctionner la pompe à blé, où est le problème ?
Vous me direz que ce n’est pas très citoyen du monde d’aller là où on peut jeter ses ordures par terre. Vous aurez raison, cette Mme BG mérite une bonne claque dans la gueule.

Des fois je me demande pourquoi je me lève le matin moi tiens..

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6 commentaires

  1. Merci et bravo pour cet article.
    Il faut que l’on repète cependant que l’écologie n’est pas l’ennemie de l’économie, au contraire. Des idées et des solutions existent mais …de grace, produisons proprement, des produits éco compatibles….et qu’au final, ce ne soit pas toujours le citoyen qui paye les erreurs des autres (maladies, eau polluée de plus en plus chère, air pollué, transports interminables….)

  2. Effectivement. Certaines entreprises ont déjà pris le virage en sentant combien leurs interlocuteurs sont désormais sensibles. Responsable d’un service de marchés publics , certains de mes fournisseurs nous proposent désormais des produits d’entretien 100% naturels.

    C’est un bon début, qui demande à être accompagné.

  3. Ta remarque est intéressance. C’est vrai que des solutions alternatives existent de plus en plus (grace souvent, aux marchés publics) mais…..est ce que tu es prêt à acheter plus cher un produit « propre » comparé au produit « pollué »?
    LE problème est souvent là car si toutes les petites PME innovantes étaient plus soutenues, les choses pourraient changer plus vite, je pense
    Pour alimenter la réflexion, je te conseille d’aller sur ce site : http://www.ecoresp.fr
    C’est un projet de « réconciliation » entre l’écologie et l’économie …permettant de faire émerger dans notre pays une éco économie…

  4. Je crois de moins en moins que la croissance économique est compatible avec décroissance des GES (dans la proportion de plan climat : facteur 4 en 2050). En effet on le voit avec les cimentiers. Faire des efforts oui mais pas en rognant sur le CA. Or produire plus de ciment c’est inévitablement produire + de CO2 (le ciment c’est un peu spécial car la décarbonatation du calcaire génère du CO2).
    Le chantage à la délocalisation est en ce sens assez révélateur. En France on ne stabilise en CO2 depuis 1990 mais dans la même temps beaucoup d’industries lourdes et emmétrices sont parties en Asie.
    Voila pourquoi selon moi la décroissance si on la choisit pas on la subira (sans parler de la fin du pétrole bon marché Ã venir)…

    A propos de délocalisation, dans mon métier j’ai déjà vu des entreprises faire un chantage à l’environnement : « si vous nous obligez à traiter nos eaux ou nous faites payer alors nous déménageons (en France dans une commune plus généreuse…) et vous perdez X emplois sur votre commune ».

  5. Moi, j’avais jamais rien compris à l’effet de serre, jusqu’à ce que je tombe sur le blog http://www.thedino.org où ils expliquent l’écologie pour les nuls. Il y a déjà « Leçon numero 1 : effet de serre » et « Leçon numero 2 : couche d’ozone ». Ca parle aussi de Mireille Mathieu (leçon numero 3) et de Nicolo. Je me sens déjà un peu moins con…
    Bisous

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