Dans quelques jours s’ouvrent les JO. Si vous ne le saviez pas, j’ai quelques hypothèses, l’une d’elles consiste en un voyage sur Mars, l’autre une forme assez précoce de maladie d’Alzheimer, la dernière en un rejet quasi mystique de l’élevage aux hormones.

Mes prédictions vont aussi ne pas surprendre les plus aguerris: le record du monde du 100m homme va tomber, probablement avant la finale, celui du 200m ne sera pas loin, le RM perche féminin aussi, les USA vont récupérer la médaille d’or en basket et nous n’aurons jamais les 40 médailles dont rêve tout haut Bernard Laporte.

Mais plus que tout, ces JO seront la victoire de la naiveté. Celle de croire que la Chine communiste convertie au capitalisme-d’Etat-sauvage-mais-collectif va pouvoir changer. Celle de croire que leur confier les JO aurait pu changer leur façon d’agir, leur façon de penser dans le domaine des droits de l’Homme.

Et l’on confine à la bétise lorsque l’on imagine que l’internet puisse être libre durant la trêve olympique. Cela fait bien longtemps que l’on ne s’arrête plus de faire la guerre pendant ce gentil rassemblement, et la guerre que les autorités centrales chinoises mènent à l’endroit de leur citoyens les plus libres d’esprit ne s’arrêtera pas.

Elle ne le peut pas.

Dans une société sous tension, où les caciques profitent à fond d’un système économique dans lequel la minorité écrase la majorité, où le ruissellement greenspanien n’est rien devant les détournements de fleuves, la liberté ne peut pas être assurée.

Mettez un coin en bois dans la roche, imbibez le d’eau. Imaginer que la roche sino-capitaliste puisse laisser des gens imbiber le coin qui la mettra à bas est tout simplement la négation d’une liaison synaptique normale dans les cerveaux des leaders du parti.

Le direct? On verra, s’agirait pas d’avoir à massacrer des huluberlus en live devant 2 milliards de téléspectateurs. Les habitudes ont la dent dure, malgré l’entraînement les réflexes ressurgiront.

Internet? On limitera bien évidemment. Relayer l’info c’est une chose, regarder à la loupe de la toile les petits secrets d’un Etat autoritaire c’est mesquin.

Les gentils pôv? On les cachera, parce que le miracle chinois ne saurait tolérer d’être ainsi foulé au pied par des « occidentaux dont nous n’avons aucune leçon à recevoir ». Pis en plus ils crachent par terre et se frottent le ventre en public…

Tout va bien dans le meilleur des mondes, huit ans après avoir offert les JO à la Chine, le monde éberlué s’aperçoit que ces gougnafiés ont tout pris sans rien offrir en échange.

Décidément, la naiveté intéressée est bien le pire des maux de notre siècle…