L’Europe travaille les détails

Raillée par certains, honnie par d’autres, le navire Europe n’en reste pas moins l’un des plus beaux fleurons de l’administration, ensemble de petites mains hétéroclite issues de 25 nationalités.

Et qu’on se le dise, cette Europe là travaille au bien commun, dans tous les domaines et même les plus inattendus.

Bien sûr il reste du chemin avant de quitter cette tendance au verbiage technique qui fait frissonner tous les étudiants en droit et marrer tous ses détracteurs.

A propos de tracteurs, et ne croyez pas que je vais parler de celui de François Bayrou, voilà que la Commission européenne vient de transmettre au parlement un projet de directive (COM(2007) 236 final)  » relative aux rétroviseurs des tracteurs agricoles ou forestiers à roues ». On ne pourrait faire plus simple, rien de technique dans le titre.

Mais vous vous doutez bien que ce cache derrière cette entame classique tout un monde de définitions bizaroïdes, improbable mélange de technique technicienne et d’orthojuridique effréné. C’est le cas. Je vous livre donc la définition du champ de vision tel que présenté dans l’annexe I, point 2.5, attention, éloignez les enfants:

Le champ de vision du rétroviseur extérieur gauche doit être tel que le conducteur puisse voir vers l’arrière au moins une portion de route plane jusqu’à l’horizon, située à gauche du plan parallèle au plan vertical longitudinal médian tangent à l’extrémité gauche de la largeur hors tout du tracteur isolé ou de l’ensemble tracteur-remorque.

Délicieuse précision, cette définition n’est valable que pour les pays roulant à droite (la même existe pour ceux roulant à gauche), et

ne s’applique qu’aux tracteurs définis au paragraphe 1, montés sur pneumatiques, ayant une vitesse maximale par construction comprise entre 6 et 40 kilomètres par heure.

Bienvenue dans un monde de détail.

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