Les sites de collectivités locales évoluent, c’est un fait indéniable. A la recherche tout à la fois d’une meilleure visibilité et d’une plus grande proximité avec le citoyen, les collectivités ne rechignent en général pas à transformer une citrouille en carrosse, loupant toutefois parfois clairement la cible.

A l’heure où l’on se gargarise d’administration 2.0 à la suite de NKM, d’Opendata sur le modèle US, sur le net, vous ne trouverez pas beaucoup d’articles détaillant le pourquoi du comment des sites de communes, de départements ou de régions.Pourquoi? Aucune idée. Ce long article, sans prétention, est donc une manière de faire le point sur l’évolution actuelle et de préconiser, sur la base de ma propre vision (oulalalla l’égo du gars), quelques idées force comme on dit dans les cabinets de conseil. Et comme je suis décidément d’une mansuétude bien supérieure à la moyenne, on terminera par un aperçu des bons exemples !!

Le CMS, ABC de la survie en milieu internet

Rares sont les collectivités à oser le développement en interne de leur site, et pourtant la grande majorité s’appuient désormais sur des outils ou briques logicielles principalement issues du monde de l’OpenSource. Grand vainqueur pour l’instant me semble t-il ((Sur les 96 sites de Conseils généraux, nous avons pu identifier l’outil utilisé sur 79 d’entre eux, et Typo 3 est utilisé 14 fois, soit 18% du temps))  Typo3 est un CMS (content management system ou système de gestion du contenu) plutôt aride à l’utilisation, dont les fonctionnalités de publication sont étendues. En challenger depuis son adoption par la Maison Blanche, Drupal ((5 occurrences à notre connaissance dans les CG)) connait un succès grandissant, tandis que WordPress, malgré sa malléabilité est encore un peu en retard, la faute à une orientation CMS encore à parfaire (mais est-ce la bonne voie?) et une gestion des rôles à améliorer. Ez-Publish, moins connu est aussi très utilisé. ((10 occurrences soit 12% des sites – 2ème position))

Tous ces outils ne sont que des outils, et la flexibilité graphique qui les accompagne est à la fois une merveilleuse opportunité et un fantastique piège.

Une opportunité car comme le disent nos amis britons « sky is the limit », un piège car parallèlement, en matière de site web, le plus est bien souvent l’ennemi du bien. A oublier les 4 ou 5 principes d’un bon site, nombreuses sont les collectivités à tomber dans les affres du syndrome « jeveuxtoutmettremêmesic’esthorriblementchargéettotalementinutilisable ».

Principes de base à respecter lors de la création d’un site

Quels sont ces principes de base? Les voilà révélés à vos yeux ébahis:

  1. Tu ordonneras et hiérarchiseras ton contenu
  2. Tu te placeras du point de vue de l’utilisateur
  3. Tu privilégieras le fonctionnel
  4. Tu multiplieras les points d’accès
  5. Tu feras le plus simple possible

Hiérarchiser et ordonner son contenu

Le principal défaut que l’on rencontre sur les sites institutionnels qui ont fait le choix du grand toilettage, c’est principalement celui de l’absence de hiérarchisation de l’information. La confusion visuelle qui émane de certains portails est en effet tel que le regard se perd avant de trouver un raccourci que jamais il ne trouva/trouvera.

L’extrême souplesse ou modularité des squelettes HTML5/CSS3 dans lesquels sont injectés des requêtes php est en effet de nature à provoquer l’envie irrésistible de tout mettre.

Non pas que cela soit impossible, mais encore faut-il clairement identifier ce qui relève de l’indispensable du superflu. Une digression sur ce thème pour rappeler que malgré l’omniscience de nos élus, caste d’élite à laquelle j’appartiens, la hiérarchisation de l’information ne dépend pas uniquement de leurs souhaits.

Dans une architecture classique, ancienne, figée, le choix d’une information en première page marquait son importance pour le politique et la pratique web des utilisateurs des sites de collectivité, plus flâneurs que chercheurs, accompagnait gentiment cet état de fait.

Avec l’évolution sensible des pratiques web, sous l’influence majeure des moteurs de recherche, et la substitution quasi générale de l’internet comme source d’information, la logique des premiers n’est plus nécessairement celle des seconds.

Tandis que certains élus un peu old school considèrent le site internet de la collectivité comme une vitrine supplémentaire où faire valoir leur action, nécessairement brillante et parcimonieuse dans l’utilisation des fonds publics, les habitants cherchent généralement une information pratique.

La notion de point d’entrée devient par conséquent essentielle. A chacun la sienne: adulte, enfant, senior, nouveaux habitants, entreprise. La structure administrative même de la collectivité fond devant cette demande en ce sens que la transcription de l’organisation interne dans les menus d’accès devient un marqueur flagrant d’incompréhension des attentes citoyennes. Les menus voyant actuellement fleurir des « cadre de vie », « sport et culture », « social », on peut estimer que le pli est en voie d’amidonnage dans les cerveau de mes collègues.

Et le design dans tout ça?

Le design d’un site Web n’est pas affaire de goût. Quel goût ? Celui des uns ? Celui des autres ? Le goût est personnel et subjectif : le goût universel n’existe pas.
Le design est avant tout la première fonctionnalité d’un site internet, celle qui permet au visiteur de comprendre immédiatement comment votre site est organisé et de trouver ce qu’il cherche.
Un bon design ordonne son contenu.
Un bon design met en valeur ce contenu.
Un bon design est fonctionnel : il aide l’internaute à trouver ce qu’il cherche.
Un bon design est intuitif : il ne doit pas faire réfléchir.
Un bon design est adapté aux attentes de ses visiteurs.
Un bon design s’adapte à la configuration de la machine du visiteur.
Un bon design se distingue dans ses moindres détails.
Un bon design est discret.
Un bon design est innovant : il ne peut pas forcément plaire mais il doit être original.
Un bon design est un design qui ne plombe pas la vitesse d’affichage.
Un bon design est durable.
Un bon design sert le référencement.

Une fois que vous avez mis une pincée de tout cela dans votre marmite à potion magique, le résultat est plus ou moins probant selon votre talent et celui non moins nécessaire de l’agence multimédia qui vous appuie.

La suite dans le prochain épisode !